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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Quartier de la Capuche

jean martin
Plan du quartier (1867) : La campagne

Plan du quartier (1867) : La campagne

Plan de 1958 : la ville

Plan de 1958 : la ville

Localisation du quartier de la Capuche

La ligne des grands immeubles située le long du boulevard Foch (appelé aussi grands boulevards) fixe la frontière Nord du quartier. A l’est et au Sud, l’ancienne voie de chemin de fer Grenoble-Chambéry d’abord désaffectée dans les années 60 puis transformée en rue et chemin piétonnier constitue la seconde frontière du quartier. A l’ouest le quartier de la Bajatière borde le quartier de la Capuche
Situation de la Capuche en 1953  ( A droite - partie basse) : à cette époque, il y a encore beaucoup de champs et de jardins

Situation de la Capuche en 1953 ( A droite - partie basse) : à cette époque, il y a encore beaucoup de champs et de jardins

Historique du quartier

En 1880, au delà des remparts Sud de Grenoble, quelques constructions le long de la voie allant à Echirolles (future rue de Stalingrad) et de nombreux terrains agricoles et maraichers composent le « lieu-dit » de la Capuche,un hameau encore rural .

Avant la Première Guerre mondiale, Grenoble est une place forte et les tentatives pour desserrer son étau militaire restent sans effet. Les seules concessions accordées par le ministère de la guerre consistent à extraire certaines zones des servitudes de l’enceinte par la création de polygones exceptionnels comme celui de la Capuche en 1912.

La création de ces polygones ne fait que régulariser ces faubourgs qui avaient débordé sur la zone des servitudes miiltaires. L’ensemble de ceux-ci (Eaux-Claires, Capuche, Bajatière et Grand Châtelet) ne sont déjà plus démographiquement négligeables (environ 4000 habitants sur 75000 grenoblois en 1914).

Après la 1ère guerre mondiale, la dé-classification de Grenoble de la fonction de place forte militaire et le démantèlement des remparts Sud (entre 1925 et 1943) permet de transformer la Capuche en quartier d’habitation et de le rattacher à la ville.

En 1943, La quartier de la Capuche est devenu un enchevêtrement de lotissements pavillonnaires et d’établissements industriels qui se sont développés sans plan ni méthode le long des anciens chemins vicinaux transformé en rues. Le corps social composant le quartier est essentiellement petit bourgeois avec peu d’étrangers (moins de 10% de la population)..

Le quartier concentre une partie de l’industrie grenobloise comme les établissements LOU – depuis transformés en logement , entreprise de sous-vêtements renommée dans le monde entier, qui s’installe dès 1950 rue Général Ferrié et qui marquera durablement l’histoire du quartier.

Progressivement, la densification aidant et les implantations se faisant au hasard des lots, l’aspect pavillonnaire du quartier changea.

En 1962, ce quartier est considéré par le conseil municipal avec la Bajatière comme celui des occasions perdues. Des secteurs entiers sont à rénover soit par curetage, soit par destruction d’ilots entiers.

Le déplacement à la fin des années 60 de la voie de chemin de fer Grenoble-Chambéry a laissé beaucoup de traces visibles jusqu’à aujourd’hui (voies et infrastructures ferroviaires).

A la frontière Sud-Ouest du quartier, la grosse caserne Bayard disparait au début des années 80 pour laisser la place au lotissement Reynès-Bayard et au parc Pompidou qui devient le poumon vert du secteur.
Rue de Stalingrad dans les années 50

Rue de Stalingrad dans les années 50

Avenue de Stalingrad (ancien chemin d''Echirolles)

Avenue de Stalingrad (ancien chemin d''Echirolles)

Croisement Grands Boulevard - avenue Genéral Ferrié (années 60)

Croisement Grands Boulevard - avenue Genéral Ferrié (années 60)

Aujourd’hui

Le quartier continue d’être un assemblage disparate de maisons et villas, de hauts bâtiments d’époque assez récente (milieu XXème siècle) agrémenté de quelques logements sociaux (cité de la Capuche, rue Léo Lagrange) et de friches destinées à disparaitre (ZAC Flaubert). essentiellement un bâti de faubourg sans monuments ni bâtiments très marquants du point de vue historique mais sans grands ensembles (pour l’instant).

En 2006, les statistiques démographiques(1) indiquent que le quartier abrite une population issue essentiellement des classes moyennes. Les diplômés de l’enseignement supérieur est dans la moyenne grenobloise (42% en moyenne à Grenoble ). Le nombre d’immigrés est peu important par rapport à la moyenne grenobloise (13-14%). un peu plus de 60% des ménages sont imposables à l’impôt sur le revenu. Capuche et Stalingrad -Ferrié sont les secteurs du quartier les moins favorisés.

en 2011, le PLU de la ville de Grenoble classe la Capuche dans les quartiers dont le taux de logements sociaux est trop bas par rapport à la moyenne municipale et l’une des priorités est d’augmenter ce nombre dans le quartier.
  1. statistiques du S.I.G modulées en fonction des composantes IRIS qui sont : Foch-Est, Foch-Ouest, Stalingrad-Ferrié, Capuche,Gustave Rivet et une partie de Peretto
  2. .https://sig.ville.gouv.fr/Territoire/38185/onglet/DonneesLocale
La Capuche vue depuis le SUD en 1957

La Capuche vue depuis le SUD en 1957

XIXème siècle : Le dépotoir de la Capuche.

Avant l’avènement du tout à l’égout, chaque immeuble disposait d’une fosse à vidange contenant moultes matières fécales et nauséabondes . Le contenu était régulièrement vidé, transporté à l’aide de charrettes dégoulinantes dans les rues de Grenoble et entreposé au-delà des remparts. Ces tas restaient ainsi jusqu’aux labours d’automne car c’était l’engrais de l’époque pour les maraîchers. Le plus gros dépotoir était dans la zone militaire dans le faubourg de la Capuche, un coin à l’époque irrespirable (surtout en été).

Une cité ouvrière dans le quartier : la cité de la Capuche.

Après la 1ère guerre mondiale, la municipalité grenobloise socialiste de Paul Mistral envisage de construire des logements bon marché destinés aux classes populaires. La création d’un office municipal des habitations bon marché permit de planifier la construction de plusieurs centaines de logements ouvriers en 4 cités réparties dans l’agglomération :, à partir de 1922 (cité jardin du Rondeau), 1924(La Capuche), 1929 (L’Abbaye) et 1932 (Abattoirs-Jean Macé).

La cité de la Capuche comporte 124 logements dont la moitié sont des F4 destinés aux familles l’autre moitié étant composée de F2, F3 et F5 .Elle est construite sous la forme d’une petite forteresse constituée de 5 bâtiments de 5 niveaux. Si la création de ces cités fut un gros progrès au niveau du standing des logements par rapport aux quasi-bidonvilles du vieux centre, la qualité du bâti laissa à désirer. La cité jardin du rondeau a été rasée en 1964 pour laisser la place à la cité Mistral. La cité Jean Macé a été rasée en 2008, les bâtiments partant en lambeaux. . La cité de la Capuche, a été rénovée au début des années 80,

 

La pétition pour sauvegarder la cité de l'Abbaye à  Grenoble (pratiquement identique à celle de la Capuche)

 

https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-d%C3%A9molition-de-la-cit%C3%A9-de-l-abbaye-%C3%A0-grenoble

La cité en 2015
La cité en 2015
La cité en 2015
La cité en 2015

La cité en 2015

Un ancien site industriel : LOU

En 1946, l’entrepreneur Louis Faller rencontre Lucienne, sa future épouse dont la passion est la couture et la lingerie. Ils s’associèrent pour fonder LOU qui rendra accessible à toute femme leur savoir-faire en corsetterie et installèrent à partir de 1950 leur usine de 30000 m3 rue Général Ferrié dans le quartier de la Capuche.

Aujourd’hui, après de plusieurs rachats (les époux Faller sont décédés sans enfants), la marque LOU est devenue LOU Paris (ça fait plus classe pour l’exportation) et est installée en région ile de France.

Le bâtiment de la manufacture a été transformé en logements.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lou_%28lingerie%29

Occupation de l'usine LOU en 1979 (enfants des ouvrières)

L'ancienne manufacture transformée en Logements sociaux

L'ancienne manufacture transformée en Logements sociaux

LOU en 2015
LOU en 2015
LOU en 2015

LOU en 2015

Les écoles 

La 1ère école primaire (Groupe scolaire Ferdinand Buisson) date des années 1930

La 1ère école primaire (Groupe scolaire Ferdinand Buisson) date des années 1930

Construction du groupe scolaire Elisée CHATIN en 1956.On aperçoit les bâtiments des grands boulevards et la voie de chemin de fer Grenoble-Chambery qui passait à la limite du quartier et qui a été dévié beaucoup plus au Sud depuis 1967.
Construction du groupe scolaire Elisée CHATIN en 1956.On aperçoit les bâtiments des grands boulevards et la voie de chemin de fer Grenoble-Chambery qui passait à la limite du quartier et qui a été dévié beaucoup plus au Sud depuis 1967.
Construction du groupe scolaire Elisée CHATIN en 1956.On aperçoit les bâtiments des grands boulevards et la voie de chemin de fer Grenoble-Chambery qui passait à la limite du quartier et qui a été dévié beaucoup plus au Sud depuis 1967.
Construction du groupe scolaire Elisée CHATIN en 1956.On aperçoit les bâtiments des grands boulevards et la voie de chemin de fer Grenoble-Chambery qui passait à la limite du quartier et qui a été dévié beaucoup plus au Sud depuis 1967.

Construction du groupe scolaire Elisée CHATIN en 1956.On aperçoit les bâtiments des grands boulevards et la voie de chemin de fer Grenoble-Chambery qui passait à la limite du quartier et qui a été dévié beaucoup plus au Sud depuis 1967.

CFP Les Charmilles : un ancien bâtiment religieux( transformé en lycée technique privé (construit en 1886)

CFP Les Charmilles : un ancien bâtiment religieux( transformé en lycée technique privé (construit en 1886)

La voie de chemin de fer

Limite SUD du quartier

l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier
l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier
l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier
l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier
l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier

l'ancienne voie Grenoble-Chambéry a été déplacée au sud de Grenoble depuis 1967.Elle a depuis donné naissance à un chemin piétonnier

Rue François-Coppée : un immeuble-rue

C'est le même immeuble qui occupe l'ensemble de la rue Coppée. Avec 4 montées de chaque coté de la rue et un total de 120 logements allant du F1 au F4. Conçu par les architectes Fonne et Rochas pour le compte de la « société  Mon Logement », une sorte de groupement HLM privé , Les travaux durèrent pendant 2 ans, entre 1929 et 1931. Ce sont essentiellement des familles modestes qui achetèrent les appartements sur plan dans le cadre de la loi Loucheur (Loi de 1928 pour une accession sociale à la propriété) et qui se sont installées.

Très typé années 30,chaque appartement était doté du confort moderne de l'époque avec à l'arrière de chaque montée son petit bout d'espace vert.Comme au début, ce sont toujours des familles qui habitent cet immeuble mais face à la demande immobilière dans le quartier,le temps des habitations bon marché est bien terminé
Plan de l'immeuble

Plan de l'immeuble

La rue François-Coppée (2015)
La rue François-Coppée (2015)

La rue François-Coppée (2015)

Parc Pompidou

A la limite Sud-Ouest , il a été ouvert sur une partie de l'ancienne caserne Bayard. Au fond le Vercors (Massif du Moucherote)
A la limite Sud-Ouest , il a été ouvert sur une partie de l'ancienne caserne Bayard. Au fond le Vercors (Massif du Moucherote)

A la limite Sud-Ouest , il a été ouvert sur une partie de l'ancienne caserne Bayard. Au fond le Vercors (Massif du Moucherote)

Commentaires

Claude Bourchanin 28/03/2017 19:10

Bonjour,
votre blog est toujours aussi passionnant! J'espère que vous le poursuivrez sans relâche. Juste une petite remarque: la première illustration du chapitre: "Une cité ouvrière dans le quartier: la cité de La Capuche" représente plutôt les immeubles rue François Coppée, que vous décrivez un peu plus loin. On retrouve le même style de bâtiments, avec des logements de type HBM amélioré, édifiés également par la société Mon Logement à La Bajatière (rue Jules Ferry, bd Clemenceau et rues transversales: Montaigne, Antoine Chollier et Auguste Ravier. Il est vraisemblable que les mêmes archictectes, Fonné et Rochas, aient dessiné les deux opérations. J'habite moi-même au 15 rue Jules Ferry depuis mi-2015, j'ai tenté d'explorer les montées des environs, mais je n'ai pas trouvé de mention du nom de l'architecte. La rue Jules Ferry a été intégrée à la voirie municipale et a reçu sa dénomination en 1936, si je me souviens bien du résultat de mes recherches sur Internet ou dans quelques livres. Il me semble que les éléments décoratifs (mosaïque?) au-dessus des entrées sont de style Art déco, sauf le 10, le 13, le 15 de la rue Jules Ferry et le 2 de la rue Montaigne qui n'ont pas bénéficié d'une décoration aussi soignée (soubassement en ciment et non en pierres, entrées plus simples). Peut-être pourriez-vous consacrer à ces immeubles une partie d'une prochaine chronique? Mais quel que soit le sujet que vous traitez, je me régale chaque fois!

jean martin 01/04/2017 00:09

Bonsoir,
vous avez tout a fait raison , le dessin ne représente pas la cité de la Capuche mais effectivement lk'immeuble "rue" Francis Coppée..Quand aux immeubles situés rue Jules Ferry, pour l'instant je n'ai pas trouvé grand chose ( pour les quartiers au Sud des grands boulevards hormis la villeneuve, le manque de documentation disponible est assez récurrent et il ne reste plus grand monde qui était enfant ou adulte entre 1920 et 1940, grande période de l'art déco)Effectivement cela pourrait faire l'objet d'un post ou la mise à jour d'un ancien post. Etant un peu feignant en été, ça ne sera pas avant la prochaine saison froide. Pour l'été, il me reste à finir la pointe sud de Grenoble.

prapic38@hotmail.fr 05/07/2016 13:56

Merci ,merci ,et encore merci ,pour ces photos et l'histoire de la Capuche.. Mes grands parents se sont installés dans la cité de la capuche en 1926 ,elle a vue naitre mon père ,et mes souvenirs d'enfance Depuis ma naissance en 1957 jusqu'au jeux de 1968. Elève de l'école Elisée Chatin,
Que de souvenirs .Bravo

jean martin 16/08/2016 00:30

Bonsoir,
merci de vos encouragements.
Si vous avez des clichés ou des souvenirs notamment sur la cité de la Capuche à me faire parvenir, n"hésitez pas à me contacter, c'est un quartier ou on a du mal à trouver du materiaux "anciens"
cdlt
marius38600

andre 14/12/2015 09:19

Ce n'est pas un commentaire mais une question: y a t il des archives photos des écoles de la capuche entre les 2 guerres. En particulier de la famille GENTILIN. Merci de vos éléments de réponse. Jacky ANDRE

andre 14/12/2015 09:19

Ce n'est pas un commentaire mais une question: y a t il des archives photos des écoles de la capuche entre les 2 guerres. En particulier de la famille GENTILIN. Merci de vos éléments de réponse. Jacky ANDRE

jean martin 16/12/2015 21:46

Bonsoir,
pour ce qui concernent les écoles,pendant l'entre 2 guerres, il n'y a pas grand chose car il n'y en avait pas enfin presque pas car le seul groupe scolaire du quartier ( Ferdinand Buisson) a ouvert entre 1930 et 1935.C'est d'un modèle que l'on retrouve ailleurs dans la ville. L'autre groupe scolaire existant aujourd'hui (Elisée Chatin) ne date que de 1955 . Rien non plus dans les archives municipales ou départementales en ligne pour l'instant en ce qui concerne le nom de famille que vous recherchez (uniquement qqchose sur Chambery pour cette période)
cdlt,