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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Quartier de l'Ile Verte

jean martin

L’Ile verte en dehors des remparts

Séparé de Grenoble par l’enceinte Est des remparts, l’île Verte n’est pas un quartier urbanisé de Grenoble au début du XIXème siècle. C’est encore une terre essentiellement agricole. Tout au plus, une dizaine de maisons sont installées le long du chemin qui traverse le quartier d’Est en Ouest.

En 1862, le Conseil municipal de Grenoble décide la création d’une « promenade publique» sur les glacis de l’Île Verte, situés au-delà des remparts.

En 1865, L’autorité militaire donne son accord pour la réalisation de ces aménagements et Le « parc de l’Île Verte » est ouvert au public dès 1866. Il était également prévu l’aménagement de toute la boucle de l’Isère en un vaste espace de promenade, traversé d’allées sinueuses sur le modèle anglais et englobant, au sud, le nouveau cimetière Saint-Roch.

L’urbanisation rapide de cette zone empêche la réalisation de ce projet et dès 1867 le plan d’alignement prévoie la création de plusieurs voies nouvelles dans l’Ile verte.

C’est à partir d’un lotissement situé au Nord de la presqu’ile et très isolé du centre-ville que l’urbanisation va se développer. En 1882, 12 voies sont déjà tracées et 600 habitants sont installés dans le quartier. La création d’un pont sur l’Isère en 1899, l’arrivée du tramway et la construction des hôpitaux à la Tronche vont permettre au quartier d’accélérer son urbanisation.

Quelques photos des temps anciens

1 - plan de l'Ile-verte en 1884

2- la dernière tour des remparts , aujourd'hui relié au musée de peinture

3- porte de l'ile verte aujourd'hui rasée

4- 5- quai de l'ile verte face au quartier Saint-Laurent

6- pont de l'Ile verte - La Tronche en cours de construction (1899)

7- pont de l'Ile-verte à l'époque du tramway

8- 9-10-11- Bord de l'Isère dans quartier Ile verte debut XXème siècle

Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte

L’Ile verte est rattachée à la ville

 

 

En 1925 le ministère de Guerre avait donné son accord pour la suppression des fortifications Sud de Grenoble mais pas pour les remparts Est.

 

Dans l’entre-deux guerres, l’axe principal du quartier, l’avenue Maréchal Randon qui relie le centre de Grenoble et le pont de l’Ile verte va se couvrir de grands immeubles majestueux proches du style art déco.

 

En 1938 le projet prévoie la création d’un boulevard entre les casernes et

le parc de l’Île Verte. Ce parc devait être agrandi et prolongé jusqu’au parc Paul Mistral pour former un vaste espace paysager de 45 hectares desservant tout l’Est grenoblois.

 

Il faudra attendre 1946 après le déclassement des fortifications Est et le rachat des terrains du parc de l’Ile Verte (la municipalité n’était que locataire) pour démarrer ces projets.

 

Le transfert des terrains à la Ville fut réalisé en 1953. Les dernières fortifications de la rive gauche de l’Isère furent mieux conservés que les  remparts Sud sans grande valeur historique car construites à la fin du XIXème siècle.

Plusieurs raisons à cela :

 

  • la présence d’éléments fortifiés anciens ou remarquables (tour du XIVe siècle, échauguette du XVIe siècle, bastions de l’enceinte de Lesdiguières du XVIIe siècle, poudrière Vauban de la fin du XVIIe) conférait au front Est une indéniable valeur historique.

 

  •  l’aménagement en 1865 du parc de l’Île Verte avait fait des fortifications et des fossés Est la toile de fond d’une des principales promenades publiques de la ville.

 

 Plus ancien, mieux intégré au quotidien des Grenoblois et moins soumis à la pression urbaine des faubourgs –concentrée à l’ouest et au sud de la ville ancienne – l’Est a traversé intact la première moitié du XXe siècle. Les militaires, du reste, occupaient encore les quatre casernes (Vinoy, Bizanet, Dode, Alma) massées contre le flanc intérieur des remparts.

 

 

 

Evolution de l'urbanisation en 100 ans (1905 - 2005)

Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte

Années 1950-1970

Dans les années 50, l’urbanisation discontinue du quartier a permis l’installation de quelques gros cubes immobiliers typiques de cette époque.

Dès 1958, le boulevard Maréchal Leclerc est ouvert à la place d’une partie des fortifications. Les portions qui n’étaient pas directement concernées par le projet sont laissées intactes : les pans de muraille conservés en bordure de l’Isère ont été intégrés au parc Michalon aménagé dans les années 1990 derrière le nouveau Musée de Grenoble ; ceux qui, plus au sud, séparent la caserne Dode du boulevard, sont depuis restés en friche.

Entre 1960 et 1970, 2 secteurs de l’Île Verte furent successivement urbanisés :

  • .D’un côté du boulevard, la création d’un bâtiment de 250 mètres de long haut de dix étages– dénommé « immeuble en S » – à l’emplacement de la caserne Bizanet et qui fut l’objet de virulentes critiques, portant autant sur l’architecture que sur sa structure.
  • de l’autre côté du boulevard, la construction de trois tours d’habitation implantées dans le parc de l’Île Verte et réduisant de façon importante sa superficie.

Aux abords Ouest du quartier, une partie de la caserne Dode est cédée au Conseil Général de l'Isère. Les anciens casernements sont transformés en Cité administrative au début des années 1970. La caserne Vinoy est démolie dans les années 1960 et fait place en 1995 au nouveau Musée de Grenoble

A la frontière Sud de l’Ile verte, le quartier de la Mutualité en grande partie insalubre est rasé dans les années 60 pour laisser la place à vaste ensemble de logements de haut standing. Cette opération immobilière fut critiquée pour sa forte densité et une architecture qui, comme la « ligne d’immeubles » de l’Île Verte, substituait aux fortifications un nouvel écran entre le centre-ville et les espaces verts qui la jouxtent à l’est.

En dehors de l’artisanat et de quelques petites et moyennes entreprises ‘(exemple : les tanneries de l’Isère), le monde ouvrier a peu imprimé dans ce quartier. Pas de grosses sociétés et peu d’industries s’installèrent durablement. Le quartier passa rapidement du monde agricole au monde résidentiel avec une influence de l’environnement « militaire » dans sa jonction avec le centre de Grenoble.

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1 - Place Docteur Girard (Dauphiné Libéré 1957)

2- Place Docteur Girard 'en couleur - année 60) avec ses immeubles style art déco

Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte

Le quartier aujourd’hui

 

Dans le sens Est-Ouest, l'avenue du Maréchal Randon qui mène au CHU de Grenoble situé à La Tronche sépare le quartier en deux parties et est empruntée par la ligne B du tramway grenoblois depuis 1992 :

  • La partie Nord, restée végétale et avec des berges très accessibles, une densification encore supportable grâce la présence de nombreuses maisons et de petits immeubles et malgré la densification accélérée de la fin des années 90 renvoie l’image bucolique d’un village dans la ville.

 

  • La partie Sud, en dehors de la partie parcs et cimetière est plus industrieuse avec la présence de nombreux artisans automobiles. Ici aussi, le béton a fait son œuvre.

 

Jusqu’aux années 2000, l’aménagement paysager qui devait créer une coulée verte de la Bastille au parc Paul Mistral semblaient tombée aux oubliettes après la réalisation de l’échangeur des sablons (appelé communément « les spaghettis ») à l’extrême sud de l’Ile Verte. L’échangeur « spaghetti »s’est finalement transformé  en promenade piétonnière reliant l’Ile Verte au parc Paul Mistral.

 

En 1975, la démographie du quartier était assez équilibrée socialement avec la représentation de toutes les couches sociales. La poussée immobilière avec des prix au m3 atteignant des niveaux stratosphériques (pratiquement les plus chers de Grenoble) pour le pékin moyen, a provoqué l’embourgeoisement du quartier.

En 2006, selon les statistiques (par secteurs IRIS), plus de la moitié de la population active a suivi des études supérieures (55% contre 42% en moyenne à Grenoble et 12%  dans la cité Paul Mistral). Peu de non diplômés, peu d’immigrés, un taux de chômage et de ménages non imposables riquiqui rendent l’image d’un quartier composé d’une population plutôt aisée.

Le foisonnement de petits commerces de proximité sur l’avenue Maréchal Randon (qui est à l’Ile verte ce qu’est le cours Berriat au quartier Saint-Bruno) a aidé à une vie sociale relativement calme et sereine pour les familles et les retraités très présents dans le quartier, ce qui contraste avec le manque d’équipements publics.

Peu de logements sociaux du type de ceux que l’on rencontre dans le Sud de la ville (Villeneuve, Mistral, Teisseire,…) ont été construits. Ce déficit (moins de 5% de HLM) ne sera pas comblé avec les dernières réalisations en cours (ZAC Blanche Monier)

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Quelques photos de l'ile verte actuelle :

1 - plan du quartier

2 - Tramway sur l'avenue Maréchal Randon

3 - Quelques ruelles encore sympathique au milieu d'un environnement urbain

Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte

Les 3 tours :   Belledonne, Vercors et Mont Blanc.

Elles ont été construites dans les années 60 (livrées en 1967) selon les plans des architectes Roger Anger et Pierre Puccinelli et représentent avec leur élégance en forme de ruche, l'expansion de la ville dans la décennie (Toujours Plus haut, plus fort !)

Elles possèdent 28 étages (+2 niveaux de locaux techniques) et sont hautes de 98 mètres avec environ 500 logements au total.

Les Tours comptent parmi les immeubles en France dont les fondations et l'ossature ont été calculées en fonction de possibles tremblements de terre. Tout est prévu pour assurer la rigidité et la stabilité de ces bâtiments. Même les encadrements de portes sont ferraillés et interdiction de les changer ! Pour refaire l’isolation par l’extérieur comme cela se pratique sur les cubes de béton des années 50-60, il faudra trouver une autre solution, impossible de faire tenir les plaques d’isolation sur les façades.

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Listes des photos

1 - plan de masse des 3 tours et du batiment en S (1960)

2 - Les 3 tours et le batiment en S depuis le centre ville

3 - 4 - Les 3 tours depuis les spaghettis

5 - Les 3 tours depuis la bastille

Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte
Quartier de l'Ile Verte

Les Vignes

 

Même s'ilest vu comme un quartier « chic », il existe quelques logements sociaux comm Les Vignes,un petit ensemble HLM construit entre 1981 et 1983 composées de 5 grosses maisons de 3 à 5 étages et 80 logements. Il a été conçu comme un ensemble résidentiel qui s’insère très bien dans ce quartier de villas et de petits immeubles.

Photos de JF Parent (1983)
Photos de JF Parent (1983)

Photos de JF Parent (1983)

Commentaires

theron christian 24/12/2015 12:53

je constate plus d industrie qui employais beaucoup de mains et surtout ou sont passé tout les espaces vert D ANTANT

jean martin 24/12/2015 14:07

c'est devenu du beton et les usines sont parties du quartierSt Bruno/Berriat . On a mis des bureaux à la place (Europole). La dernière usine (ARaymond) s'est construit un chouette siège social et va vendre le reste des terrains à un promoteur immobilier . La grosse minoterie Armand est partie en 2003 de la rue Rene Thomas pour St Etienne de Crossey. A place, tout plein d'immeubles ont été batis.Deux anciens batiments ont qd même été conservés Il reste quelques beaux parcs comme le Parc marliave dans la rue max Dormoy. Des nouveaux parcs ont été créés à la place de Lustucru et de Valisère. Entre la vieile ville et le coeur du quartier de l'Ile Verte, ma grand-mère (qui était bonne chez des bourgeois habitants rue Max Dormoy entre 1918 et 1930) me demandait si il y avait encore des champs....