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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

La presqu'ile Drac - Isère

jean martin

La « presqu’île » ou polygone entre Drac et Isère est né lors de la domestication par les digues de ces 2 rivières, le Drac (« Dragon »)  et l’Isère (« Serpent ») au début du XIXème siècle. Le quadrilatère, au Nord du quartier Berriat délimité par le Drac, le quartier Berriat et la voie de chemin de fer (Grenoble-Lyon) a connu plusieurs vies avant de devenir ce quu’on appelle aujourd’hui le polygone scientifique.

 

Plan de 1868 - limite entre le quartier Berriat et le polygone

Plan de 1868 - limite entre le quartier Berriat et le polygone

Vue du Polygone depuis le haut du massif du Néron ( Chartreuse) et les 2 rivières l'Isère à gauche et le Drac à droite - Fin XIXème /Début XXème siècle

Vue du Polygone depuis le haut du massif du Néron ( Chartreuse) et les 2 rivières l'Isère à gauche et le Drac à droite - Fin XIXème /Début XXème siècle

Autre vue depuis rive droite de l'Isère. Au 1er plan à gauche sur la rive gauche de l'Isère, les anciens abattoirs.

Autre vue depuis rive droite de l'Isère. Au 1er plan à gauche sur la rive gauche de l'Isère, les anciens abattoirs.

Le Polygone avant la seconde guerre mondiale

 

Au milieu du XIXème siècle, un jardin paysager est réalisé (parc Randon) et presque aussitôt détruit pour laisser place à un polygone de tirs destiné à l’artillerie. Ce terrain militaire  n’a nécessité qu’un petit nombre de bâtiments.

Quelques scênes militaires
Quelques scênes militaires
Quelques scênes militaires
Quelques scênes militaires

Quelques scênes militaires

Ce fut lieu de loisir des patineurs de l’agglomération pendant l’Hiver. En 2015, avec le réchauffement climatique, cela ne serait plus possible de patiner en plein air.

Quelques scênes de patinage sur glace vers 1900
Quelques scênes de patinage sur glace vers 1900
Quelques scênes de patinage sur glace vers 1900
Quelques scênes de patinage sur glace vers 1900

Quelques scênes de patinage sur glace vers 1900

Au début du XXème siècle, cette grande surface plane est devenu un petit aérodrome ou des fous furieux testent de drôles de machine volantes plus lourdes que l’air…des avions et tout cela dans les normes de sécurité de l’époque. En 1936, c’est du polygone que part la première liaison aérospostale avec Paris

un meeting aérien sur le terrain du polygone en 1911 ou 1912

un meeting aérien sur le terrain du polygone en 1911 ou 1912

Un article du Petit Dauphinois du 28 Aout 1936 sur la 1ère liaison aéropostale entre Grenoble et Paris

Un article du Petit Dauphinois du 28 Aout 1936 sur la 1ère liaison aéropostale entre Grenoble et Paris

Explosions sur le polygone

Explosion du 29 Juin 1918

Pendant la 1ere guerre mondiale, on entreposa toute sorte de munitions (obus, bombe, tonneaux de poudre) au polygone. Les tonneaux de poudre cerclés de fer arrivaient par voie de chemin de fer. En roulant depuis les wagons jusqu’aux hangars, un tonneau légèrement disjoint laissa échapper de la poudre sans que les manutentionnaires s’en aperçoivent. Quelques instants plus tard le fer d’un autre tonneau, roulant sur les graviers couvert de poudre provoqua une étincelle. La poudre s’enflamma, le tonneau explosa  et de proche en proche provoqua une explosion générale dans le hangar. Heureusement les munitions étaient dispersées dans le périmètre du polygone. Tout ne sauta pas et il n’y eu qu’un blessé grave... mais il n’y eu plus une vitre en état dans tout Grenoble. 

Vue de l'explosion de 1918 depuis les quais de l'Isère

Vue de l'explosion de 1918 depuis les quais de l'Isère

14 Novembre 1943 Aimé Requet : un héros « ordinaire »

 

En 1943, les allemands avaient constitué un énorme dépôt de munition et de matériel dans le parc d’artillerie du polygone. En solitaire, Aimé Requet, employé au parc d’artillerie, fit sauter l’arsenal dans la nuit du 13 au 14 Novembre. Ce feu d’artifice fit disparaitre 150 tonnes de munition et 1000 tonnes de matériel dont des canons de gros calibre, des véhicules et des pièces détachées. A lui seul, il fut plus efficace qu’une escadrille de bombardiers alliés. Rendu fous furieux, les allemands tirèrent sur tout ce qui bougeait aux abords du parc d’artillerie et plusieurs personnes furent tuées.

Le lendemain matin Aimé Requet se rendit tranquillement au travail sans éveiller le moindre soupçon de la part des allemands. il se dirigea vers son élevage à lapins.

Ceux-ci étaient toujours en vie.    

Vue de l'explosion de 1943 depuis les quais du Drac ( au fond, le massif du Néron)

Vue de l'explosion de 1943 depuis les quais du Drac ( au fond, le massif du Néron)

Le Polygone scientifique

Grâce à l’action menée par le professeur Louis Néel (1904-2000), le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) crée le Centre d’Etude Nucléaire de Grenoble (CENG) dans la presqu'ile Drac - Isère.  Il ouvre ses portes en Janvier 1956 et c'est un évènement capital pour toute la région. Il est  le premier centre de recherche nucléaire de province obtenu au détriment de Toulouse.
 
Le CEA met à la disposition des chercheurs des moyens considérables comme les réacteurs nucléaires expérimentaux Mélusine (puissance 1megaWatt porté à 8 mégaWatt en 1971 – arrêté en 1994) et Siloë (puissance 35 megaWatt –arrêté en 1997) ainsi qu’un bébé réacteur, Siloette (puissance 100 KiloWatt – démantelé entre 2002 et 2007) et un personnel scientifique et technologique très importants. Louis Néel, grâce à cet outil, poursuit ses recherches sur le magnétisme et l’influence des neutrons produits par les réacteurs nucléaires. Il obtiendra le prix Nobel de physique en 1970.
 
Michel Soutif est à la tête d’un autre élément fondateur. Il crée un enseignement de génie atomique à l’IPG, ce qui induit la présence de physiciens nucléaires et conduira à l’institut des sciences nucléaires doté d’un cyclotron en 1965.
 
Michel Cordelle crée en 1967 le Laboratoire d’Electronique et des Techniques de l’Information (LETI).
 
Et pour valoriser tous ces outils et les gros investissements devenus internationaux, la coopération franco-allemande, puis britannique conduit à la création d’un réacteur à haut flux de neutrons dans l’institut Laue Langevin (ILL) en 1974.
 
Le Synchrotron, dernier né des appareils internationaux de Grenoble fonctionne depuis 1994. Là encore, ce fut une bataille acharnée contre  Strasbourg pour l’obtenir.

Enfin, Minatec est un complexe scientifique inauguré le 2 juin 2006  consacré aux nanotechnologies avec d’importantes connexions entre la recherche technologique à finalité industrielle du CEA-Leti et la recherche fondamentale. Ce pôle d'innovation accueille un total de 4 000 personnes dont 2400 chercheurs, 1 200 étudiants et 600 industriels sur plus de 20 Hectares.

Année 1950 : Le début des travaux

Année 1950 : Le début des travaux

Inauguration du CENG en 1956

Inauguration du CENG en 1956

Visite du site par le Général De Gaulle en 1960 ici en compagnie de Louis Néel

Visite du site par le Général De Gaulle en 1960 ici en compagnie de Louis Néel

Construction du réacteur Mélusine

Construction du réacteur Mélusine

Construction du réacteur Siloé

Construction du réacteur Siloé

L'école d'ingénieur ENSIEG présente sur le polygone scientifique dans les années 1960

L'école d'ingénieur ENSIEG présente sur le polygone scientifique dans les années 1960

Le LETI en 1980

Le LETI en 1980

Le CENG en 1980

Le CENG en 1980

Construction du synchrotron

Construction du synchrotron

Le synchrotron en 1990

Le synchrotron en 1990

1er plan : croisement suravenue des Martyrs; 2ème plan: un bout du CEA Grenoble; Fond : le Moucherotte dans le massif du Vercors

1er plan : croisement suravenue des Martyrs; 2ème plan: un bout du CEA Grenoble; Fond : le Moucherotte dans le massif du Vercors

2016 : l'avenue des Martyrs traversant du Nord au Sud le polygone scientifique

2016 : l'avenue des Martyrs traversant du Nord au Sud le polygone scientifique

2016: Le MINATEC, dernier né des grands projets de structure scientifique construit à la limite des quartiers Europole et Berriat

2016: Le MINATEC, dernier né des grands projets de structure scientifique construit à la limite des quartiers Europole et Berriat

Le Projet GIANT

 

GIANT est un campus d’innovation regroupant sur un même site des établissements d’enseignement supérieur, des laboratoires de recherche et des entreprises innovantes et mobilise plus d’un milliard d’euros d’investissements.

Il s’appuie sur une concentration exceptionnelle de grands instituts  de recherche grenoblois du polygone scientifique : l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF), l’Institut Laue-Langevin (ILL) et le laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL).

Enfin, le projet GIANT s’inscrit dans le projet de développement urbain Grenoble Presqu'Ile. Le quartier du Polygone scientifique va être entièrement réaménagé pour accueillir des logements, des commerces et des services. Son nombre de résidents passera en quelques années à 10 000 habitants.

 

La presqu'ile et le projet GIANT : de droite à gauche dans chaque cercle - le projet immobilier de l'esplanade, les tours du clos des fleurs et les nouveaux immeubles d'habitation du projet GIANT

La presqu'ile et le projet GIANT : de droite à gauche dans chaque cercle - le projet immobilier de l'esplanade, les tours du clos des fleurs et les nouveaux immeubles d'habitation du projet GIANT

2016 : des immeubles du nouveau quartier en cours de construction. Pour caser 10000 personnes sur une surface limitée, il va falloir tailler haut
2016 : des immeubles du nouveau quartier en cours de construction. Pour caser 10000 personnes sur une surface limitée, il va falloir tailler haut

2016 : des immeubles du nouveau quartier en cours de construction. Pour caser 10000 personnes sur une surface limitée, il va falloir tailler haut

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