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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Quartier de la Capuche - De la prairie à la cité ouvrière

jean martin

LA CAPUCHE : Au delà des remparts


 

Jusqu’au XIXème siècle, quelques fermes le long du chemin d'Echirolles (future avenue de Stalingrad) et de nombreux terrains agricoles et maraichers composent le « lieu-dit » de la Capuche,un hameau encore rural de la commune de Grenoble .

 

Enserré au Nord par la nouvelle extension des remparts construite en 1880 et noué au sud et à l'Est par la ligne de chemin de fer Grenoble-Chambéry ouverte en 1864, c'est à cette époque que le quartier de la Capuche prend sa physionomie actuelle

 

Avant la Première Guerre mondiale, Grenoble est en effet une place forte avec de nombreuses contraintes et les tentatives pour desserrer son étau militaire restent sans effet. Les seules concessions accordées par le ministère de la guerre consistent à extraire certaines zones des servitudes de l’enceinte par la création de polygones exceptionnels constructibles comme celui de la Capuche en 1912... qui ne fait que régulariser les faubourgs informels déjà existants.

Le lieu-dit de la Capuche en 1867. On est encore au milieu des champs mais déjà les rails au milieu de la prairie. Les remparts sont encore loin

Le lieu-dit de la Capuche en 1867. On est encore au milieu des champs mais déjà les rails au milieu de la prairie. Les remparts sont encore loin

La Capuche en 1913 avec ses remparts construits en 1880 et sa zone de servitude militaire

La Capuche en 1913 avec ses remparts construits en 1880 et sa zone de servitude militaire

Le chemin de ronde à la limite des servitudes militaires au début du XXème siècle

Le chemin de ronde à la limite des servitudes militaires au début du XXème siècle

Couvent construit fin XIXème siècle devenu un batiment des Charmilles, école privée

Couvent construit fin XIXème siècle devenu un batiment des Charmilles, école privée

Proche du couvent (au fond à droite) un jardin vers 1935. Au fond à gauche le massif du Vercors

Proche du couvent (au fond à droite) un jardin vers 1935. Au fond à gauche le massif du Vercors

Début des années 50, la prairie, quoique largement grignotée est encore là. La ligne de chemin de fer sépare à gauche la caserne Reyniès-Bayard et à droite le quartier de la Capuche

Début des années 50, la prairie, quoique largement grignotée est encore là. La ligne de chemin de fer sépare à gauche la caserne Reyniès-Bayard et à droite le quartier de la Capuche

Après la 1ère guerre mondiale, la dé-classification de Grenoble de sa fonction de place forte militaire et le

démantèlement des remparts Sud (entre 1925 et 1943) devenus les grands boulevards transforme la

Capuche en quartier d’habitation rattaché à la ville

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad). Au loin la tour Perret

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad). Au loin la tour Perret

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad).

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad).

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad).

Erasement vers 1932 des remparts entre le parc Paul Mistral et le chemin d'Echirolles (Avenue de Stalingrad).

Les derniers vestiges des remparts separant le centre de Grenoble et le quartier de La Capuche. Cela donne une idée de la largeur des anciens remparts .

Les derniers vestiges des remparts separant le centre de Grenoble et le quartier de La Capuche. Cela donne une idée de la largeur des anciens remparts .

En 1943, La quartier de la Capuche est devenu un enchevêtrement de lotissements pavillonnaires et

d’établissements industriels qui se sont développés sans plan ni méthode le long des anciens chemins

vicinaux transformé en rues. Le corps social composant le quartier est essentiellement petit bourgeois avec

peu d'immigrés (moins de 10% de la population).

Une maison du début du XXème siècle avenue de Stalingrad

Une maison du début du XXème siècle avenue de Stalingrad

Une maison du début du XXème siècle rue Emile Zola

Une maison du début du XXème siècle rue Emile Zola

L'école Ferdinand Buisson , construite dans les années 30 , 1ère école primaire du quartier

L'école Ferdinand Buisson , construite dans les années 30 , 1ère école primaire du quartier

XIXème siécle : Le dépotoir de la Capuche.

 

Avant l’avènement du tout à l’égout, chaque immeuble grenoblois disposait d’une fosse à vidange contenant

moultes matières fécales et nauséabondes . Le contenu était régulièrement vidé, transporté à l’aide de

charrettes dégoulinantes dans les rues de Grenoble et entreposé au-delà des remparts. Ces tas restaient

ainsi jusqu’aux labours d’automne car c’était l’engrais de l’époque pour les maraîchers. Le plus gros

dépotoir était situé dans la zone militaire à la Capuche, un coin irrespirable à l’époque,surtout en été.C'est

l'instalation du tout à l'égout à la fin du XIXème qui entraîne la fin du dépotoir.

Vue de la cité ouvrière de la Capuche

Vue de la cité ouvrière de la Capuche

Une cité ouvrière dans le quartier : la cité de la Capuche.

 

Après la 1ère guerre mondiale, la municipalité grenobloise socialiste de Paul Mistral envisage de construire

des logements bon marché destinés aux classes populaires. La création d’un office municipal des

habitations bon marché a permis de planifier la construction de plusieurs centaines de logements ouvriers

en 4 cités réparties dans l’agglomération :, à partir de 1922 (cité jardin du Rondeau), 1924(La Capuche),

1929 (L’Abbaye) et 1932 (Abattoirs-Jean Macé).

 

 

La cité de la Capuche comporte 124 logements dont la moitié sont des F4 destinés aux familles l’autre

moitié étant composée de F2, F3 et F5 .Elle est construite sous la forme d’une petite forteresse constituée

de 5 bâtiments de 5 niveaux. Si la création de ces cités fut un gros progrès au niveau du standing des

logements par rapport aux quasi-bidonvilles du vieux centre, la qualité du bâti laissa à désirer. La cité jardin

du rondeau a été rasée en 1964 pour laisser la place à la cité Mistral. La cité Jean Macé a été rasée en

2008, les bâtiments partant en lambeaux. ILa cité de l’Abbaye rénové en 1978 et classé patrimoine du

XXème siècle a perdu 3 batiment sur 15 depuis 2015. La cité de la Capuche,a été rénovée au début des

années 80 mais a perdu de les qualités esthétiques qui faisait l'originalité de ces cités ouvrières du debut du

XXème siècle.

 

 

 

Les plans d'un étage type

Les plans d'un étage type

La cité vue avenue de Stralingrad

La cité vue avenue de Stralingrad

Quartier de la Capuche - De la prairie à la cité ouvrière
Quartier de la Capuche - De la prairie à la cité ouvrière
Quartier de la Capuche - De la prairie à la cité ouvrière

Rue François-Coppée : un immeuble-rue

 

C'est le même ensemble immobilier qui occupe toute la rue Coppée. Avec 4 montées de chaque coté de la rue et un total de 120 logements allant du F1 au F4. Conçu par les architectes Fonne et Rochas pour le compte de la « société  Mon Logement », une sorte de groupement HLM privé , Les travaux durèrent pendant 2 ans, entre 1929 et 1931. Ce sont des familles modestes qui achetèrent les appartements sur plan dans le cadre de la loi Loucheur (Loi de 1928 pour une accession sociale à la propriété) et qui se sont installées.


 

Très typé années 30,chaque appartement est doté du confort moderne de l'époque avec à l'arrière de chaque montée son petit bout d'espace vert. Comme au début, ce sont toujours des familles qui habitent cet immeuble mais face à la demande immobilière dans le quartier,le temps des habitations bon marché est bien terminé

L plan de la façade

L plan de la façade

                                                                          La réalité en 2015

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