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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Grenoble en zone libre (1940-42)

jean martin

1940, l'année horribilis pour la nation française. Après plusieurs mois d'incertitude (Sept 39 – Mai 40 « la drôle de guerre ») et une courte guerre de mouvement (10 Mai 1940 – 22 Juin 1940) la redoutable Wehrmacht allemande s'impose sur le terrain. L'armée française est en déroute, l'état s'est désintégré, 10 millions de réfugiés (8 millions de français et 2 millions de belges) sont sur les routes de l'exode. Pour le maréchal Pétain et ses alliés politiques qui ont pris le pouvoir , une seule solution s'impose, l'arrêt des combats et l'armistice avec le vainqueur.

La France en 1940

La France en 1940

Naissance d'un nouveau régime

 

Le maréchal Pétain, auréolé de la victoire française lors de la bataille de Verdun pendant la première guerre mondiale instaure un régime autoritaire sur les décombres de la 3ème république après la défaite militaire  de juin 1940.

 

Le nouveau régime met en place un encadrement de la société française par l'intermédiaire de toute une pléiade d'organisations. Des corporations professionnelles encadrent les travailleurs et sont soumises à l’autorité de l’Etat (Les grèves sont interdites). D'autres structures s'installent dans le quotidien : les camps de jeunesse et montagne, les chantiers de jeunesse, les compagnons de France pour les jeunes, légion française des combattants pour les anciens combattants....

 

Le régime de Vichy souhaite construire une nouvelle société à caractère autoritaire . Le triptyque républicain liberté, égalité, fraternité est remplacé par la devise de la Révolution nationale,l'idéologie du nouveau régime. : Travail, famille, patrie.

 

Mais la grande majorité de la population grenobloise accepte la présence à la tête de l'état du maréchal Pétain et se rallie à son nouveau régime, lui faisant gré d'avoir arrêté les combats après  l'effondrement du pays en Juin 40.


 
Annonce de la prise de pouvoir par le Maréchal Pétain (à gauche) avec l'entremise d'un politicien chevronné : Pierre LAVAL (à droite)

Annonce de la prise de pouvoir par le Maréchal Pétain (à gauche) avec l'entremise d'un politicien chevronné : Pierre LAVAL (à droite)

Plan de Grenoble en 1940 - La zone urbanisée de l'époque  ne correspond qu'à la partie Nord  de la ville actuelle. Les grands boulevards sont encore en cours de construction et le sud n'est encore qu'une zone pavillonnaire

Plan de Grenoble en 1940 - La zone urbanisée de l'époque ne correspond qu'à la partie Nord de la ville actuelle. Les grands boulevards sont encore en cours de construction et le sud n'est encore qu'une zone pavillonnaire

Le fil des évènements  (site du musée de la résistance à Grenoble)

1940

 

8 août : Nomination de Raoul Didkowski comme préfet de l’Isère qui le reste jusqu'en Aout 1943.Il tient un rôle ambigu entre arrestation de communistes et protection des juifs sous l'occupation (source Wikipédia). En juin 1944, il est arrêté par la gestapo et est déporté. Il est libéré en Avril 1945.

 

13 septembre : Nomination du doyen de la faculté des lettres de Grenoble, Jacques Chevalier, connu pour ses engagements politiques pétainiste comme secrétaire d’État à l’Instruction publique

 

24 septembre : Visite du préfet Didkowski au conseil municipal de Grenoble, la première visite d’un préfet dans l’histoire de la ville.

 

Octobre : Création de la Légion des combattants, embryon de parti unique à la française dans l’Isère sous la présidence de Paul Prince. Cette LFC est la fusion de toutes les unions d'anciens combattants nombreux en 1940 du fait de combats pas si lointain (1914-18) et qui ont touchés plus de 8 millions de jeunes français.

 

1er novembre : Installation d’une École des cadres, dirigée par Pierre Dunoyer de Segonzac, au château d’Uriage

 

10-11 novembre : Célébration d’une fête de la jeunesse au fort du Saint-Eynard au-dessus de Grenoble à l’initiative de Raymond Coche, délégué régional de la Jeunesse pour le Dauphiné et la Savoie

 

3 décembre : Diffusion en chaire d’un message de Mgr Caillot, évêque de Grenoble entre 1917 et 1957, favorable au maréchal Pétain

 

 

1941

 

22 janvier : Publication d’une circulaire préfectorale et rectorale imposant la cérémonie hebdomadaire du lever des couleurs dans les établissements scolaires

 

10 février : Arrêté ministériel maintenant Paul Cocat (droite modérée) comme maire de Grenoble. d’autres maires du département, comme Séraphin Buisset à Rives, sont révoqués et remplacés par une commission

 

19-20 mars : Visite officielle du maréchal Pétain à Grenoble et à Vienne qui provoque un grand enthousiasme populaire

 

19 avril : Promulgation de la loi créant des préfets régionaux dont celui de Lyon qui supervise dix départements (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Jura, Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie, Saône-et-Loire) dont deux partiellement occupés (Jura, Saône-et-Loire)

 

1er mai : Célébration officielle de la première « Fête du Travail et de la paix sociale » à Grenoble, au Jardin de Ville

 

5 Mai : Première célébration de la fête de Jeanne d’Arc à Grenoble

 

12 juin : Célébration d’une « Fête de la Jeunesse » à Grenoble à l’initiative du Dr Baumgartner, nouveau délégué régional de la Jeunesse pour le Dauphiné et la Savoie

 

14-15 juin : Visite officielle de Jean Borotra (commissaire général aux Sports et à l'Éducation physique ) à Grenoble à l’occasion de « grandes fêtes sportives », au cours desquelles ont lieu une rencontre d’athlétisme et se déroule la prestation du « Serment de l’athlète » en présence de plusieurs milliers de spectateurs

 

30-31 août : Commémoration du premier anniversaire de la LFC à Grenoble. Réunion de plusieurs milliers de personnes au stade municipal

 

Octobre : Ouverture de l’École des pupilles de l’Air à Grenoble

 

1942

 

Avril : Création du Service d’Ordre légionnaire (SOL) à partir de la LFC, dirigé par Pierre Garçon, à Grenoble

 

2 mai : Célébration de la seconde Fête du Travail à Grenoble par un banquet de la Corporation paysanne au Palais de la Houille blanche

 

31 mai : Célébration solennelle de la « Journée des Mères » à Grenoble

 

Juin : Adoption de la ville sinistrée d’Évreux par la ville de Grenoble

 

2 août : Baptême de la seule promotion de stagiaires ayant effectué un stage de six mois à Uriage

 

22 août : Investiture du Service d’ordre légionnaire (SOL), en présence de Joseph Darnand (futur chef de la milice), à Grenoble

 

Août : Nomination de Félix Esclangon comme conseiller municipal de Grenoble

 

16 octobre : Conférence de Georges Pélorson (Chef de la propagande au secrétariat général de la Jeunesse  ) à Uriage en forme de reprise en main

Grenoble les année 40 - vue sur le centre ville depuis le quartier de la Bajatière

Grenoble les année 40 - vue sur le centre ville depuis le quartier de la Bajatière

Bd Foch en 1941.  Les anciens remparts ont été arasés mais il n'y a pas encore beaucoup de constructions en dehors de la maison des étudiants (centre de la photo)

Bd Foch en 1941. Les anciens remparts ont été arasés mais il n'y a pas encore beaucoup de constructions en dehors de la maison des étudiants (centre de la photo)

scêne de vie quotidienne rue Felix Poulat en 1940

scêne de vie quotidienne rue Felix Poulat en 1940

scêne de vie quotidienne  place Sainte-Claire en 1940

scêne de vie quotidienne place Sainte-Claire en 1940

1940 - la vie est encore belle à Grenoble - Ici une marcheuse avenue Felix Viallet

1940 - la vie est encore belle à Grenoble - Ici une marcheuse avenue Felix Viallet

Mais la situation va vite dégénérer. La France doit payer pour l'occupation allemande la partie Nord de son territoire. ET le rationnement arrive comme sur cette photo (1940) pôur les pommes de terre

Mais la situation va vite dégénérer. La France doit payer pour l'occupation allemande la partie Nord de son territoire. ET le rationnement arrive comme sur cette photo (1940) pôur les pommes de terre

Et la situation ne s'améliore pas en 1941. Ce sera de pire en pire . Les tickets de rationnement ne seront supprimés qu'en 1948

Et la situation ne s'améliore pas en 1941. Ce sera de pire en pire . Les tickets de rationnement ne seront supprimés qu'en 1948

Cela n'empêche pas une solidarité au sein des français . Ici accueil de sinistrés de Boulogne Billancourt en gare de Grenoble après le bombardement allié du 03 Mars 1942 sur l'usine Renault

Cela n'empêche pas une solidarité au sein des français . Ici accueil de sinistrés de Boulogne Billancourt en gare de Grenoble après le bombardement allié du 03 Mars 1942 sur l'usine Renault

Local de propagande de la révolution nationale Angle rue Docteur Mazet - Place Victor Hugo

Local de propagande de la révolution nationale Angle rue Docteur Mazet - Place Victor Hugo

Militaires, anciens militaires et paramilitaires

cette parenthèse de paix armée laisse cours à de nombreuses parades militaires et para-militaires en zone libre et Grenoble n'y échappe pas. Ces fêtes et ces défilés semblent être celles d'un pays sorti victorieux des combats

Légion française des combattants. Créé par le régime de Vichy pour disposer d'un parti de masse (entre 700 000 et 1500 000 hommes selon les estimations ) dévoué au maréchal Pétain. Cet essai ne sera jamais transformé selon les voeux de ses promoteurs. Par contre c'est au sein de la LFC que sera créé le SOL d'où sortira la milice

Légion française des combattants. Créé par le régime de Vichy pour disposer d'un parti de masse (entre 700 000 et 1500 000 hommes selon les estimations ) dévoué au maréchal Pétain. Cet essai ne sera jamais transformé selon les voeux de ses promoteurs. Par contre c'est au sein de la LFC que sera créé le SOL d'où sortira la milice

Défilé de légionnaires  porte de France le 31 Aout 1941

Défilé de légionnaires porte de France le 31 Aout 1941

31 Aout 1941 -1er anniversaire de la LFC au stade Charléty

31 Aout 1941 -1er anniversaire de la LFC au stade Charléty

31 Aout 1941 -1er anniversaire de la LFC au stade Charléty

31 Aout 1941 -1er anniversaire de la LFC au stade Charléty

Le SOL  - l'incubateur de la future milice

Le SOL - l'incubateur de la future milice

Défilé des compagnons de France en 1941 sur le pont proche de la porte de France

Défilé des compagnons de France en 1941 sur le pont proche de la porte de France

Défilé des chantiers de jeunesse (1941)

Défilé des chantiers de jeunesse (1941)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942-place Grenette)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942-place Grenette)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942-place Grenette)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942-place Grenette)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942 -place Grenette)

Défilé jeunesse et montagne (début 1942 -place Grenette)

 2 membres de jeunesse et montagne sur le cours berriat 'début 1942)

2 membres de jeunesse et montagne sur le cours berriat 'début 1942)

Défilé du 6ème BCA devant le maréchal Pétain en 1941

Défilé du 6ème BCA devant le maréchal Pétain en 1941

Rapatriement de prisonniers de guerre depuis l'Italie en Décembre 1941

Rapatriement de prisonniers de guerre depuis l'Italie en Décembre 1941

La répression


 

Le régime de Vichy est antisémite. En octobre 1940, il crée un statut des Juifs. Ils ne peuvent plus exercer dans la police, la justice, l'enseignement, l'armée, les médias. L'Etat français licencie tous ses fonctionnaires juifs. L'étoile jaune est par contre uniquement portée en zone occupée. D'autres catégories de la population sont aussi dans le collimateur ; Les francs-maçons, les communistes et puis l'ensemble des résistants quelque soit leur obédience politique.


 

 

1940

 

27 juillet : Ouverture d’un « Centre de séjour surveillé » (CSS) à Fort-Barraux, près de la limite des départements de l’Isère et de la Savoie

 

22 août : Publication dans le Petit Dauphinois d’une première liste de francs maçons de l’Isère

 

27 août : Comparution devant la justice de dirigeants communistes locaux dont deux sont condamnés

 

14 octobre : Lancement de l’épuration des fonctionnaires municipaux par une circulaire du préfet

 

Octobre-Novembre : Fermeture de la loge maçonnique de Grenoble et vente des objets rituels, dont une partie est cachée par des « frères » à Laffrey, puis du bâtiment lui-même qui est démoli ultérieurement

 

30 novembre : Arrestation d’une cinquantaine de militants communistes et syndicalistes et leur internement à Fort-Barraux

 

6 décembre : Révocation de toutes ses fonctions pour René Gosse dont le décanat de la faculté des sciences, confié à Maurice Gignoux, et la direction de l’Institut polytechnique confiée à Félix Esclangon

 

 

1941

 

30 mai : Arrestation de plusieurs lycéens et étudiants grenoblois pour « propagande communiste »

 

 

1942

 

17-24 mars : Projection du Juif Süss au cinéma ABC de Grenoble

 

26 août : Rafle de Juifs étrangers dans l’Isère dont une soixantaine sont déportés dans les camps d’extermination, provoquant des réactions négatives dont celle de Paul Claudel, alors en résidence à Brangues

Permis de circuler de 1940 - C'était plus facile de contrôler les voitures et camions. Il y en avait 20 fois moins qu'en 2020

Permis de circuler de 1940 - C'était plus facile de contrôler les voitures et camions. Il y en avait 20 fois moins qu'en 2020

la synagogue Avenue Felix Viallet en cours de démolition

la synagogue Avenue Felix Viallet en cours de démolition

destruction du temple maçonnique en 1941 - Cours Jean Jaurès

destruction du temple maçonnique en 1941 - Cours Jean Jaurès

Fort-Barraux  le lieu de rétention pour les opposants au régime de Vichy de la région. Environ 40 km à l'Est de Grenoble dans la vallée du Haut-Grésivaudan, à la limite entre l'Isère et la Savoie

Fort-Barraux le lieu de rétention pour les opposants au régime de Vichy de la région. Environ 40 km à l'Est de Grenoble dans la vallée du Haut-Grésivaudan, à la limite entre l'Isère et la Savoie

Entrée du fort

Entrée du fort

premiers bâtiments juste après l'entrée

premiers bâtiments juste après l'entrée

Camp d'internement au Fort de Barraux

Camp d'internement au Fort de Barraux

Des internés en 1942

Des internés en 1942

avec des surveillants armés pour les garder

avec des surveillants armés pour les garder

Les début de la résistance

Epargnée par les bombardements et l'occupation , grâce à la résistance de l'armée des Alpes face aux forces de l'Axe, une atmosphère particulièrement rare règne à Grenoble en ces temps troublés de l'été 1940, celle d'avoir été invaincue. De plus la ville reste du bon coté de la ligne de démarcation , dans la zone non occupée (appelée communement zone libre). L'armée croupion de 100 000 hommes (en métropole) accordée par Hitler au régime de Vichy pour maintenir l'ordre permet au 6ème bataillon de chasseurs alpins de revenir le 21 Aout 1940 sous les acclamations des Grenoblois après un long périple qui l’a conduit de Norvège en France via l'Angleterre le Maroc et l'Algérie.

 

Une résistance militaire , mais restant fidèle au maréchal Petain s'organise au sein de l'armée d'armistice. Le 25 Juillet 1940 la création d’un groupe « Camouflage du matériel » (CDM) au parc d’artillerie de Grenoble (capitaine Albert Reynier, adjudant-chef Aimé Requet, adjudant Martin) permet d'organiser 150 caches d'armes autour de Grenoble.

 

Du coté des civils, c'est dés l'instauration du régime que 3 députés isèrois Séraphin Buisset, Lucien Hussel, Léon Martin, tous socialistes SFIO s'opposent à la nomination de Pétain. A partir du milieu de l'année 1941 une résistance civile émerge lentement après avoir digéré le traumatisme engendré par la défaite de Juin 1940.

 

De façon dispersée à cause de méfiances réciproques entre la résistance militaire plutôt nationaliste de droite et une résistance civile marquée à gauche ou modérée, la ville commence à prendre une part active dans une Résistance qui peine à s'organiser. Il faut attendre Fin 1942, après la dissolution de l'armée d'armistice pour que celles-ci s'unissent .

 

 

1941

 

Juin : Parution du premier numéro du journal clandestin Libération-Sud

 

Août : Début de la diffusion du Populaire clandestin après la visite de Raymond Gernez, ancien député du Nord, à L. Martin

 

Automne : Débuts de la résistance « civile » à Grenoble d’un groupe informel de socialistes autour de L. Martin, Aimé Pupin, Eugène Chavant, etc.

 

28 novembre : Fondation du mouvement Combat à Grenoble au domicile de Marie Reynoard par Henri Frenay et François de Menthon

 

Automne-hiver : Apparition dans l’Isère des grands mouvements de Résistance Libération, Franc-Tireur, Front national. Ralliement à Grenoble du Dr Martin à Franc-Tireur par l’intermédiaire de son fils Georges, recruté par Jean-Pierre Lévy à Lyon. Rencontre entre J.-P. Lévy et Lucien Hussel, ancien maire de Vienne, grâce à L. Martin

 

Décembre : Parution du premier numéro du journal Combat

 

15 décembre : Affectation du capitaine Nal (futur grand résistant), revenant de captivité pour raisons médicales, au parc d’artillerie de Grenoble

 

 

1942

 

Février 1942 : Publication du premier numéro des Allobroges, organe dauphinois clandestin du Front national, noyauté par le PCF

 

6 avril : Prise de contact entre résistants socialistes grenoblois et du plateau du Vercors (Dr Eugène Samuel, Théo Racouchot, les frères Huillier etc.)

 

Avril : Arrivée de Georges Kioulou (futur maire d'Echirolles -PCF) et d’Antoine Polotti à la tête des FTP de l’Isère

 

10 mai : Tenue du congrès de la Mouvement de la Jeunesse sioniste (MJS) à La Grivolée, au cours duquel l’action clandestine est préconisée

 

14 juillet : Manifestation patriotique à Grenoble devant le monument des Diables bleus ou des Trois-Ordres (1500 personnes)

 

29-30 juillet : Attentat contre la permanence du PPF (Parti Populaire Français - collaborationniste)à Grenoble

 

20 septembre : Manifestation commémorant le 150e anniversaire de la victoire de Valmy à Grenoble (2000 personnes)

 

4 octobre : Première arrestation de Marie Reynoard qui est condamnée par le Tribunal militaire de Lyon à 6 mois de prison

 

7 Octobre : Première perquisition au domicile de Marie Reynoard

 

31 octobre : Attentat contre l’office de placement allemand à l’hôtel Terminus de Grenoble

Léon Martin , Lucien Hussel et Séraphin Buisset :3 des députés isérois SFIO (Socialistes) qui ont dit NON au Maréchal Pétain. Les 5 autres députés isérois (2 socialistes, 2 radicaux-socialistes et Divers droites ont votés OUI ou se sont abstenus).
Léon Martin , Lucien Hussel et Séraphin Buisset :3 des députés isérois SFIO (Socialistes) qui ont dit NON au Maréchal Pétain. Les 5 autres députés isérois (2 socialistes, 2 radicaux-socialistes et Divers droites ont votés OUI ou se sont abstenus).
Léon Martin , Lucien Hussel et Séraphin Buisset :3 des députés isérois SFIO (Socialistes) qui ont dit NON au Maréchal Pétain. Les 5 autres députés isérois (2 socialistes, 2 radicaux-socialistes et Divers droites ont votés OUI ou se sont abstenus).

Léon Martin , Lucien Hussel et Séraphin Buisset :3 des députés isérois SFIO (Socialistes) qui ont dit NON au Maréchal Pétain. Les 5 autres députés isérois (2 socialistes, 2 radicaux-socialistes et Divers droites ont votés OUI ou se sont abstenus).

quelques résistants de la 1ère heure 2 militaires et 1 civile: Le capitaine Louis Nal, Albert Reynier alias Vauban et le professeur de lettres Marie Reynoard
quelques résistants de la 1ère heure 2 militaires et 1 civile: Le capitaine Louis Nal, Albert Reynier alias Vauban et le professeur de lettres Marie Reynoard
quelques résistants de la 1ère heure 2 militaires et 1 civile: Le capitaine Louis Nal, Albert Reynier alias Vauban et le professeur de lettres Marie Reynoard

quelques résistants de la 1ère heure 2 militaires et 1 civile: Le capitaine Louis Nal, Albert Reynier alias Vauban et le professeur de lettres Marie Reynoard

Les occupants  

Jusqu'à la fin 1942, les vainqueurs du 1er round (Allemands et accessoirement italiens)reste discret à Grenoble. Les allemands ne sont présentq qu'à travers quelques organismes officiels (commission d"armistice, centre de recrutement de travailleurs civils). A contrario, fort d'une communauté implantée depuis des decennies et voisins de 150 km de Grenoble, les italiens sont beaucoup plus actifs.

 

1940

 

Juillet : Installation des commissions d’armistice dont la Commission franco-italienne d’armistice (CFIA) à Grenoble

 

Septembre : Installation d’un « Comité italien d’assistance » dans les locaux de la Casa d’Italia à Grenoble, chargé de distribuer des vivres aux Italiens « vraiment dignes et nécessiteux »

 

1941

 

4 février : Accord franco-italien de Turin sur le retour en Italie des immigrés italiens résidant en France

 

1er mai : Installation de la Délégation italienne de contrôle des industries de guerre, précédemment sise à l’hôtel de Savoie, à l’hôtel Lesdiguières

 

allemands de la convention d'armistice rue Montorge en 1940

allemands de la convention d'armistice rue Montorge en 1940

Office du placement allemand en 1942 - plastiqué par la résistance le 31 Octobre 1942

Office du placement allemand en 1942 - plastiqué par la résistance le 31 Octobre 1942

La collaboration


 

Le vocable « collaborationniste » est né sous la plume de Marcel Déat (président du Rassemblement national populaire )   dans le quotidien « L'Œuvre » du 4 novembre 1940.

 

Ce monde politique se développe sur les décombres de la défaite française de 1940. De la multitude de groupuscules composant cette mouvance (environ un effectif militant de 150 000 personnes tout au long de la guerre paradoxalement un chiffre proche du nombre de résistants actifs) 2 partis rivaux émergent :

 

  • Le RNP (Rassemblement National Populaire) de Marcel Déat, créé en 1941, transfuge de la SFIO (socialiste) qui se réclame de l'héritage républicain et révolutionnaire, laic et pacifiste tout en souhaitant l'avènement d'un régime à parti unique et d'inspiration fasciste dans une Europe unifiée et socialiste.

     

  • Le PPF (Parti Populaire Français) créé par un ancien dirigeant communiste Jacques Doriot en 1936 dont les méthodes s'inspirent des partis hitlérien et mussolinien et qui restera à ce jour le seul prototype de parti fasciste français chimiquement pur. Il est juste toléré (sous le nom de mouvement populaire français - MPF) en zone libre jusqu'en Novembre 42 et n'est autorisé en zone occupé qu'à partir de Décembre 1941 lorsque Jacques Doriot revêt l'uniforme allemand pour aller combattre sur le front de l'est.

     

Le problème pour le PPF,le RNP et de la mouvance collaborationniste– tient à l’hostilité du régime de Vichy envers eux. Cette situation accélère et renforce le rapprochement de ces mouvements avec des Allemands. 

En Isère, l’essentiel des forces collaborationnistes est constitué par le PPF et dans une ville plutôt à gauche comme Grenoble, sans les allemands, leur rôle reste marginal. Jusqu'à fin 1942,seul le harcèlement de la population juive et  la propagande antisémite monopolise l’activité des militants avec des moyens limités  .  En mars 1942, l’UPJF (section jeunesse du PPF) ne compte en Isère, selon la police, que 150 membres, âgés de 15 à 25 ans (source site https://www.grenoble-resistance.com/l/63/ppf-parti-populaire-francais).

 

Jacques DORIOT, leader du Parti Populaire Français (PPF). En arrière plan, l'emblème du parti.

Jacques DORIOT, leader du Parti Populaire Français (PPF). En arrière plan, l'emblème du parti.

Marcel DEAT - leader du Rassemblement National Populaire (RNP)

Marcel DEAT - leader du Rassemblement National Populaire (RNP)

Emblème du RNP. Une inspiration venue du NSDAP allemand (parti Nazi)

Emblème du RNP. Une inspiration venue du NSDAP allemand (parti Nazi)

Visite du maréchal Pétain en 1941


 

 le maréchal Pétain fut acclamé dans les rues bondées de Grenoble et La Tronche en mars 1941comme lors des autres voyages qu’il effectua dans les villes de la zone non occupée , un bout de France (40% du territoire métropolitain) placé depuis l’armistice de juin 40 sous l’autorité du gouvernement de Vichy.

 

C'est par un train spécial, “le wagon du maréchal”, où il peut dormir, manger, se laver que Pétain arrive en Isère le soir du 18 Mars 1941 à Grenoble . Le lendemain matin , une Buick V8 le récupère à la gare pour parcourir Grenoble. De l’avenue Alsace-Lorraine à la place Gustave-Rivet, en passant par la place Mistral, le Quai de France et le cours Jean-Jaurès. Il s’arrête devant les Monuments aux morts, fait un discours place de Verdun, visite une école à La Tronche, et participe à un déjeuner “intime” à la préfecture avec 25 personnalités isèroises triées sur le volet.

 

Pour traverser Grenoble . Son cortège est composé de 22 voitures et quatre bus transportant les officiels locaux, les policiers de rangs, des officiers généraux ,le doyen de l’université. ainsi que “des cinéastes de Vichy et des responsables de la propagande” .Une commerçante du quartier Berriat explique que de nombreux immeubles ont été pavoisés par les habitants.

 

Y a-t-il eu des incidents ? la police note seulement une interpellation à Vizille et une communiste, recherchée à La Tronche auteur d’une lettre suspecte. Rien de plus. Les consignes de sécurité très strictes dictées par Vichy ordonnent « la surveillance de tous les immeubles situés sur le passage du cortège ».

 

 

Pétain à Grenoble : la presse

Pétain à Grenoble : la presse

Pétain à Grenoble

Pétain à Grenoble

Visite au préfet Didowski à la préfecture

Visite au préfet Didowski à la préfecture

Visite au préfet Didowski à la préfecture

Visite au préfet Didowski à la préfecture

Visite de Pétain

Visite de Pétain

Visite de Pétain

Visite de Pétain

Convoi du maréchal à travers la ville

Convoi du maréchal à travers la ville

Visite de Pétain à l'école Vaucanson

Visite de Pétain à l'école Vaucanson

Visite de Pétain au stade Charlety

Visite de Pétain au stade Charlety

Visite de Pétain au stade Charlety

Visite de Pétain au stade Charlety

L'école des cadres d'Uriage (1940-43)


 

«L' École nationale des cadres de la jeunesse d'Uriage » (ENU ou ENCU) plus connue sous le nom L'École des cadres d'Uriage  est créée en 1940 sous le régime de Vichy par le capitaine de cavalerie Pierre Dunoyer de Segonzac (1906-1968) et hébergée dans le château d'Uriage situé à 12 km de Grenoble. Sa mission consiste à former les nouvelles élites françaises, dans le cadre de la Révolution nationale. Elle est placée sous la tutelle du Secrétariat Général à la Jeunesse.

 

Le bilan de l’institution est à la fois un succès et un échec. l’objectif de former des dirigeants de haute qualité et compétence est atteint mais ceux-ci , destinés à être des pilier du régime se retournent contre lui. En effet, l’École d’Uriage a bien été une pépinière dont sont sortis non pas seulement des chefs politiques ou militaires, mais aussi des futurs animateurs de la vie politique culturelle et sociale. L'atmosphère frondeur qui règne au sein de l'école entraîne une bonne partie du personnel de l'école dans la résistance active.

 

Elle est fermée officiellement et définitivement le 1er janvier 1943 par Pierre LAVAL.

 

Après la guerre,Beaucoup occuperont des postes à responsabilité.

  1. Hubert Beuve-Mery qui fonde le quotidien Le Monde en 1944.

  2.  sera l'un des cofondateur en 1945 le mouvement national et indépendant d’éducation populaire Peuple et Culture

  3. Yves Robert sera un des grand cinéaste français, 

  4. Paul Reuter sera membre de la délégation française lors des négociations menant à la création de la CECA , communauté européenne du charbon et de l'acier.

Chateau d'Uriage. Il existe toujours mais a été découpé en appartements, achetés par des investisseurs privés.

Chateau d'Uriage. Il existe toujours mais a été découpé en appartements, achetés par des investisseurs privés.

Fin de la zone libre 

Le 8 Novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent en afrique du Nord (Opération Torch ) au Maroc et en Algérie). Le 11 Novembre , les forces du régime de Vichy en Algérie et  au Maroc cessent le combat et se rallient aux alliés.Le même jour,  à la suite de ce débarquement les forces de l'axe (allemands et italiens) déclenchent l'opération Anton pour occuper la zone libre. Les italiens s'empare de tout le territoire à l'est du Rhône dont Grenoble.

Titre du Petit Dauphinois annonçant la fin de la zone libre

Titre du Petit Dauphinois annonçant la fin de la zone libre

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