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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands

jean martin

Depuis début 1943,les forces de l'axe enchaînent les revers militaires -( Stalingrad en Février et Tunis en Mai) et des veillétés de paix séparée apparaissent chez certains alliés du Reich. Progressivement des éléments ouvertement fascistes (Croix fléchés en Hongrie, garde de fer en Roumanie) s emparent du pouvoir. En Italie, Hitler remet en selle Mussolini en Italie du Nord à la tête de la RSI (Repubblica sociale Italia) tandis qu'en France la milice au départ simple force supplétive de la police en zone non occupée s'étend sur toute la France et est armée par les allemands sur le modèle des SA des années 30. C'est lors de cette courte période d'occupation ( environ 1 an entre début Septembre 1943 et f n Aout 1944) que Grenoble connut les évènements les plus sanglants.

Autour de Grenoble

Autour de Grenoble

Principaux évènements

Dès l'arrivée des allemands Grenoble devient "une fournaise irrespirable" (selon les propos du commandant en chef des FFI de l'Isère Alain Le Ray) avec une escalade de la violence qui ne s’achève qu’aux lendemains de la Libération. Une « proto-épuration » s'installe dès 1943 dans la région grenobloise. Durant cette période, les groupes francs – notamment le groupe Vallier – et les collaborationnistes se répondent à coup d’enlèvements, de pillages et de meurtres. Les Allemands répondent aux attaques des groupes francs par des exécutions. La plupart des Juifs quittent Grenoble ,se réfugiant dans la campagne dauphinoise.

 

1er octobre 1943 : 

Première action allemande anti-juive, à Saint-Pierre de Chartreuse, menée par le Kommando d'Aloïs Brunner. Renseignés par la préfecture et la Milice, les services de police allemands multiplient les arrestations.

 

11 novembre 1943 : 

Un millier d'habitants viennent fêter la victoire de 1918 devant le monument des Diables Bleus (Parc Pul Mistral), mais 368 d'entre eux se font encercler, arrêter puis déporter à Buchenwald, Mathausen et Neuengamme.

 

Nuit du 13 au 14 novembre 1943 : Explosion du dépôt du polygone 

Le camouflage de matériel mis en place en 1940 étant devenu irrécupérable à cause de la Wehrmacht, le capitaine Louis Nal et son adjoint Aimé Requet font sauter les 200 tonnes d'explosif et de munitions entreposés au polygone d'artillerie.

 

Du 25 au 29 novembre 1943 ; la "Saint-Barthélémy grenobloise" (ou "Semaine Rouge")

Le 25 Novembre, renseignés par les époux Girousse du Parti Franciste (1 des partis ultra-collabo), les hommes du SD allemand et de Francis André du PPF lyonnais arrêtent Roger Guigue , le journaliste Jean Pain, sur qui une liste de pseudonymes de Résistants est découverte et Georges Duron (gérant d'un guichet de la Loterie nationale). Ils sont interrogés puis assassinés. Sur leur corps, un feuillet avec l'inscription : "Cet homme paie de sa vie la mort d'un National" (la signature de Francis André).

 

Le 26 novembre,sont arrêtés, interrogés puis exécutés 3 résistants le Docteur Girard,le Docteur Butterlin et Alphonse Audinos . En début de soirée, Joseph Bernard est abattu place Vaucanson (par erreur, car c'est son gendre, le Lieutenant Bertaux, qui fournissait au maquis des armes et du matériel). Dans la nuit, le Docteur Valois et ses secrétaires, Suzanne Ferrandini et Henri Maubert sont arrêtés .


Le 28 novembre, trois autres Résistants sont arrêtés, puis déportés : Fernand Gras , Georges Frier et Alfred Ducollet . Dans la nuit vers 5 heure du matin, après son interrogatoire, le Docteur Valois, assisté de Gustave Estadès se suicide pour éviter de parler.

 

Le 29 novembre, le Docteur Carrier des MUR est arrêté et le Docteur Bistési est exécuté à l'Institut d'électrochimie, où il travaillait. A 16 heures, l'industriel Jean Perrot tombe sous les balles à l'usine Sappey (rue Peretto). Albert Reynier échappe de peu à l'équipe de Francis André et gagne le maquis.

 

la Résistance grenobloise sort très affaiblie de cet épisode sanglant. Ce même 29 novembre, Henri Gerente, le Maire de Saint-Martin d'Hères nommé par Vichy, est abattu par des Résistants.

Des auxiliaires français de la JEN ( Jeunesse europe nouvelle) rattachés aux SS. Au milieu Guy Eclach arrété puis fusillé en 1945

Des auxiliaires français de la JEN ( Jeunesse europe nouvelle) rattachés aux SS. Au milieu Guy Eclach arrété puis fusillé en 1945

Les docteurs Gaston Valois et Jean Bistesi arrétés puis assassinés lors de la St Barthélémy grenobloise
Les docteurs Gaston Valois et Jean Bistesi arrétés puis assassinés lors de la St Barthélémy grenobloise

Les docteurs Gaston Valois et Jean Bistesi arrétés puis assassinés lors de la St Barthélémy grenobloise

 

 

2 décembre 1943 :  Explosion de la caserne de Bonne

 

Aloyzi Kospicki fait exploser les 30 tonnes de munitions entreposées à la Caserne de Bonne. À l 'aide des détonnateurs fournis par Georges Bois (dit "Sapin") membre du réseau Combat. L l'attentat a lieu à 8h10. Il est suivi de plusieurs explosions jusqu'à 11h30 : on totalise 13 morts (dont 7 ressortissants français) et 213 blessés. Dès le lendemain, le lycée Champollion est réquisitionné pour y loger les troupes allemandes. Considéré désormais comme un déserteur de l'armée allemande, Kospicki intègre le groupe franc "Petit-Louis", et se fait appeler "Eloi". Le 20 août 1944, il est tué par une patrouille allemande, alors qu'il effectue une reconnaissance.

 

Du 21 au 25 décembre 1943 : 

 

Le Doyen Gosse et son fils Jean sont arrêtés et exécutés. Lors de la rafle sur la place Vaucanson organisée en représailles à un attentat sur un officier allemand. plusieurs dizaines de Juifs sont arrêtés et soixante autres personnes sont déportées. Les raflés sont emmenés à la caserne Bayard, où un tri est opéré : les Juifs sont séparés des non-juifs, puis les femmes, les hommes âgés et jeunes non-juifs sont relâchés.

Cette rafle constitue le point d'orgue d'une série de représailles orchestrée par Francis André, venu spécialement de Lyon.

 

le 22 mars 1944 :

 

Paul Vallier (chef de « Combat »), est abattu à Fontaine.

 

20 Avril 1944 :Une bavure de la Résistance, l’affaire de Voiron.

 

Des résistants déciment la famille Jourdan une famille milicienne, dont une petite fille de trois ans. Embarrassée, la Résistance nie toute implication dans cette affaire, qui nuit à son image tout en renforçant la détermination des miliciens.

 

Les évènements en photo

Resultat d'un bombardement sur Grenoble en Décembre 1943

Resultat d'un bombardement sur Grenoble en Décembre 1943

Caserne de Bonne

Caserne de Bonne

Soldats allemands devant la caserne de Bonne

Soldats allemands devant la caserne de Bonne

Décembre 1943 : Rue Desaix - après explosion de la caserne de Bonne

Décembre 1943 : Rue Desaix - après explosion de la caserne de Bonne

Décembre 1943 : quartier Mallifaud - après explosion de la caserne de Bonne

Décembre 1943 : quartier Mallifaud - après explosion de la caserne de Bonne

Décembre 1943 : quartier Mallifaud - après explosion de la caserne de Bonne

Décembre 1943 : quartier Mallifaud - après explosion de la caserne de Bonne

Fin 1943: Ecole Jean Macé - Cité Jean Macé après explosion du polygone

Fin 1943: Ecole Jean Macé - Cité Jean Macé après explosion du polygone

Résultat de l'explosion du Polygone

Résultat de l'explosion du Polygone

Soldats allemands dans Grenoble (Caserne Hoche) en 1943-44

Soldats allemands dans Grenoble (Caserne Hoche) en 1943-44

Soldats allemands sur l'esplanade en 1943-44

Soldats allemands sur l'esplanade en 1943-44

Les maquisards

Nom donné aux résistants " de terrain" uniquement en France. Dans le reste de l'Europe, on utilise le terme de "partisans".

 

Du 31 Janvier au 27 Mars 1944 : Bataille du plateau des Glières , 1er affrontement entre la résistance intérieure et les forces de Vichy

 

Ce plateau proche d’Annecy (environ 150 Km au Nord de Grenoble) était prévu pour être transformé en  base d'opérations par la Résistance sur les arrières des Allemands au moment du débarquement des Alliés.  Afin d’échapper au STO 450 maquisards  encadrés par l’AS et renforcé par des FTP  s’y regroupent. Entre le  31 janvier  et le 26 mars 1944, le plateau est assiégé par les forces de l'ordre françaises soit environ 700 miliciens , GMR et gendarmes .A partir du 12 mars, le plateau est  bombardé par la Luftwaffe  puis le 23 mars  encerclés par plus de 3 000 chasseurs de la 157ème division de montagne de la Wehrmacht .  L'attaque générale du 27 mars ne rencontre pas de résistance, le plateau ayant été évacué la veille après un baroud Néanmoins, traqués, ceux-ci subissent de lourdes pertes (120 morts),  Cet affrontement marque l'échec cuisant du gouvernement de Vichy qui voulait conserver la maitrise de la répression. La victoire est acquise grâce aux forces allemandes, les forces de l'ordre française ne jouant qu'un rôle d'appoint.

Le plateau des Glières -environ 150 km au Nord-Est de Grenoble

Le plateau des Glières -environ 150 km au Nord-Est de Grenoble

GMR (gardes mobiles républicains - ancêtres des CRS) positionnés autour du plateau

GMR (gardes mobiles républicains - ancêtres des CRS) positionnés autour du plateau

miliciens positionnés autour du plateau

miliciens positionnés autour du plateau

chasseurs allemands de la 157ème division alpine au plateau des Glières

chasseurs allemands de la 157ème division alpine au plateau des Glières

chasseurs allemands de la 157ème division alpine au plateau des Glières

chasseurs allemands de la 157ème division alpine au plateau des Glières

Maquis sur le plateau des Glières

Maquis sur le plateau des Glières

maquis des Glières - section Allobroges

maquis des Glières - section Allobroges

maquis des Glières - à l'entrainement

maquis des Glières - à l'entrainement

Juin et Juillet 1944 : la bataille du Vercors

 

En 1942, l'idée a germé entre les membres du réseau « Franc-tireur » et le groupe Pierre Dalloz, inspecteur des sites de créer dans le massif du Vercors , une sorte de forteresse naturelle entre Grenoble, l'Isère et la vallée du Rhône pour abriter la résistance locale . L'objectif , baptisé plan « Montagnard» était de créer une zone d'accueil pour les clandestins et les forces alliées aéroportées .La résistance devait  attendre pour semer le désordre dans les rangs d'un ennemi inquiet et désorganisé et non  le braver lorsqu'il était en pleine possession de se moyens.

 

Malheureusement , c'est le contraire qui se produit à cause de malentendus entre les résistants du Vercors et les forces alliés de Londres et Alger

.

Après avoir fait face à une opération de ratissage de la part de la Milice en juin 1944, les 3000 à 4000 résistants du Vercors commandé par le colonel François Huet et Eugène Chavant subissent une vaste offensive de la 157ème division de montagne de la Wehrmacht à partir de 21 Juillet. En 2 jours les défenses sont débordés. L'ennemi ratisse le plateau, incendie fermes et villages, exécute civils et résistants. Le bilan est lourd avec environ 850 morts dont 1/3 de civils

Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands
Les Baraques en Vercors après les combats entre maquis et allemands

Les Baraques en Vercors après les combats entre maquis et allemands

La Chapelle en Vercors après les combats entre maquis et allemands

La Chapelle en Vercors après les combats entre maquis et allemands

La Chapelle en Vercors - la cour des fusillés

La Chapelle en Vercors - la cour des fusillés

Juin 1944 : Coup de main sur  Uriage

 

A rebours des maquis des Glières et du Vercors qui occupaient le terrain en tentant de transformer celui-ci en forteresse, la compagnie du jeune lieutenant Etienne Poiteau  dit « capitaine Stéphane » choisit la guérilla contre les convois allemands en nomadisant à travers le massif de Belledonne. Sur le plan de l'efficacité pure, ce maquis obtint au moindre prix des résultats nettement plus probant .

 

Son fait le plus marquant fut l’assaut de l’école d’Uriage ,l’école de la Milice, un des principaux centres de la collaboration de l'Isère  le 9 juin 1944. En infériorité numérique, la Résistance attaque de nuit. Un chef milicien est tué, des armes et des munitions sont prises et dix miliciens sont faits prisonniers. Parmi eux, deux chefs ainsi que deux fils de notables du régime de Vichy. Dès lors, le directeur de l’école reçoit de l’État français l’ordre de négocier . Pendant que la Milice fait arrêter 17 otages placés sous surveillance allemande à Grenoble, le groupe du « capitaine Stéphane » capture deux autres miliciens. La Résistance est divisée quant aux suites à donner à la proposition faite par la Milice de l’informer des opérations prévues par les Allemands en échange de la libération des siens. Si certains l’estiment acceptable, les communistes,majoritaires au sein du Comité départemental de libération (CDL) refusent catégoriquement et exigent l’exécution des miliciens. Minoritaire politiquement et inférieur sur le plan militaire, le Parti communiste « n’a pas d’autre choix que de susciter la surenchère répressive sur un ennemi de l’intérieur tout désigné. Tandis que les otages de Grenoble sont libérés après plus d’un mois de détention, deux miliciens sont fusillés en représailles après de nouvelles atrocités commises par la milice

Le capitaine Stéphane (1919-1952)

Le capitaine Stéphane (1919-1952)

Villages martyrs du Sud-Est

Les Alpes ont aussi connu leur lot de villages martyrs lors des reprises de combats sur le sol français entre Juin et Septembre 1944

Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands

Vassieux en Vercors était le QG d'un commandement militaire du Sud Vercors après la mobilisation spontanée de plusieurs milliers de maquisards. le 21 juillet les SS atterrissent dans le village à l'aide de planeurs. Grâce à l'effet de surprise et soutenus par la Lutwaffe, ils s'y retranchent en massacrant une centaines de personnes (civils et maquisards). Malgré 45 morts coté allemands , le maquis n'arrive pas à jour plus reprendre le village et décrochent au bout de 3 jours, laissant les allemands  se déchaîner  sur la population.

8 jours plus tard des jeunes de Die découvrent un spectacle de désolation, un village détruit et 178 personnes exécutés (tués au combat, pendus et fusillés)

Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands
Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands
Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands
planneurs détruits des allemands ayant atterris à Vassieux

planneurs détruits des allemands ayant atterris à Vassieux

Vassieux en ruine

Vassieux en ruine

Cimetière de Vassieux

Cimetière de Vassieux

Libération

15 Aout 1944 : Opération Dragoon, les alliés débarquent en Provence

rapidement les alliés débordent les défenses cotières allemandes. Ils progressent alors à travers les Alpes et le 22 Aout 1944, ils sont aux portes de Grenoble.

Grenoble occupée-2ème partie (1943-1944) : les allemands

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