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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Grenoble - les années 70 - Mutations et désillusions

jean martin
Vue de Grenoble depuis Corenc à la bordure du massif de la Chartreuse. A l'arrière plan , le Vercors

Vue de Grenoble depuis Corenc à la bordure du massif de la Chartreuse. A l'arrière plan , le Vercors

Depuis 1965, La gauche non communiste avec à sa tête le maire Hubert Dubedout tient fermement les rênes de Grenoble. Les investissements colossaux réalisés pour les jeux Olympiques de 1968 ont permit à la ville d'effectuer un bond en avant et d'alimenter le mythe d'une ville dynamique et attractive.

 

Les faits politiques marquant (1971-1983)

 

L'élection municipale de 1971 à Grenoble fut le remake de celle de 1965 : Une liste de droite , une liste communiste et une liste de gauche non communiste. Sans obtenir un triomphe , la liste de gauche non communiste d'Hubert Dubedout l'emporta haut la main.et fut reconduite pour 6 années supplémentaires.

 

La droite grenobloise sans leader expérimenté depuis le retrait de l'ancien maire Albert Michallon battu lors de l'élection précédente s'était tassée (-7% depuis 1965) et le PCF restait stable (-1%) tout cela au bénéfice de la liste d'Hubert Dubedout.

Grenoble - les années 70 - Mutations et désillusions

L'emprise électorale et politique de la gauche non communiste sur Grenoble et le département de l'Isère s'était poursuivi tout au long des années 70 au détriment de la droite sans véritable leader d'envergure et face à un PCF resté puissant dans ses fiefs, les banlieues populaires grenobloises (Fontaine, St Martin d'Hères, Echirolles, Le Pont-de-Claix) et les quartiers ouvriers de Grenoble (Chorier Berriat St Bruno, Quartier St Laurent, Teisseire, Cité Jean Macé) mais sans grande perspective de progression électorale ailleurs.

 

Au niveau national, après avoir subi le rouleau compresseur gaulliste dans les années 60 et le vent du boulet en Juin 68, la gauche non communiste eu de nouveau le vent en poupe. La reprise en main des forces socialistes par François Mitterand au congrès d'Epinay en 1971 puis la signature du programme commun entre le PS , le PCF et les débris de l'ancien parti radical (le MRG) créa une nouvelle dynamique politique face à une droite de plus en plus divisée entre gaullistes et non gaullistes.

 

Dans le département de l'Isère , l'influence d'Hubert Dubedout (courant social-démocrate, proche de Michel Rocard) restait contrecarré par le poids politique de Louis Mermaz maire socialiste de Vienne et Président du conseil général de l'Isère, un proche de François Mitterand. Le maire de Grenoble ne devint jamais ministre sous la présidence de François Mitterand.

 

L'élection municipale de 1977 , portée par une dynamique unitaire à gauche (liste d'union de la gauche comprenant 17 communistes et 26 non-communistes) n'aurait du être qu'une formalité pour Hubert Dubedout. Mais la présence pour la 1ère fois d'une liste écologiste réalisant un score honorable de 9% des voix l'obligea à affronter la liste de droite au 2ème tour. Facilement réélu ( Liste Dubedout 56%, Liste de droite 44%), ce ne fut pourtant pas le plébiscite attendu.

 

Après avoir pris raclée sur raclée , la droite se trouva un nouveau leader Alain Carignon déjà en politique depuis la fin des années 60, s'empara d'un siège de conseiller départemental dans le centre de Grenoble lors de l' élection cantonale de 1976. Après la défaite de l'élection municipale de 77 , il récupéra le leadership de la droite et devint le challenger officiel du maire de Grenoble.

 

Hubert Dubedout avait semblé longtemps indéboulonnable , Par 2 fois, Alain Carignon s'y était cassé les dents (élections législatives de 1978 et 1981). L'élection municipale de 1983 s'annonçait alors sous les meilleurs hospices. L'union de la gauche avait été élargie aux écologistes et il n'y avait pas d'autres concurrents sur le créneau électoral de gauche. En face, s'étaient constituées une petite liste d'extrême gauche et la liste de droite menée par Alain Carignon. Le bilan municipal était encensée par la presse et la sociologie toujours favorable à gauche.

 

Mais rien ne se passa comme prévu .

 

Le contexte national défavorable avec une gauche déjà en perte de vitesse après 2 ans de pouvoir ,les dissensions au sein de son équipe, l'usure du pouvoir , l’abandon de la ville-centre au profit des quartiers sud, l’alourdissement de la fiscalité communale, une bureaucratisation des équipes municipales, les méthodes marketing innovantes, parfois féroces utilisées par l'équipe Carignon eurent raison du système Dubedout .

 

L'équipe d'Hubert Dubedout (43% des voix) fut balayée par la droite (54% des voix) dès le 1er tour. Suite à cette cuisante défaite , il abandonna la politique et se tua accidentellement en montagne le 25 Juillet 1986. Il n'avait que 64 ans.

Hubert Dubedout (costume gris clair) maire de Grenoble (1965-1983). La raideur militaire de l'ancien officier de marine reste bien présente

Hubert Dubedout (costume gris clair) maire de Grenoble (1965-1983). La raideur militaire de l'ancien officier de marine reste bien présente

La politique de la ville

 

Les JO de 1968 avaient permis de moderniser des équipements obsolètes, d en construire des nouveaux (nouvelle poste, bâtiment CPAM, parking Philippeville...) et de désenclaver l'agglomération. Si le chemin de fer était le parent pauvre, L'aérien - ayant migré à 40 km de la ville, à St Etienne de St Geoir– restait marginal et dépendant des aéroports internationaux de Lyon et Genève. Par contre, les infrastructures routières avaient effectué un bond en avant . Dès le milieu des années 70 , Grenoble était relié par autoroute à Lyon et au département savoyard voisin.

 

 

Après les projets de 500 à 1500 logements destinés à répondre à la croissance démographique de la ville et sortis de terre entre 1958 et 1968 ( Quartiers Teisseire, Léon Jouhaux , Mistral, Village olympique) Les années 70 furent l'apothéose du gigantisme urbanistique. Le projet Villeneuve, à cheval sur le sud de Grenoble et le Nord d'Echirolles avait prévu de créer un nouveau centre et plusieurs milliers de logements sociaux mélangés à des accessions à la propriété. Dès 1972, un 1er quartier, la galerie de l'Arlequin (1200 logements sociaux et privés) fut livrée. L'extension du projet Villeneuve se poursuivit tout au long des années 70 jusqu'à son arrêt brutal décidé par la municipalité Carignon.

 

 

Parallèlement, d'autres projets de plus petite dimension sortirent de terre comme le groupe HLM Bajatière dans le quartier de même nom ou le quartier Hoche , bàti sur le terrain d'une ancienne caserne militaire.

Hormis quelques friches résiduelles comme le futur quartier Vigny-Musset,la conquète urbaine en direction du Sud s'acheva avec le projet Villeneuve

 

Le Nord de Grenoble (entre l'Isère et les grands boulevards) possédait depuis longtemps la plus grosse réserve de logements sociaux. Les nombreux quartiers dégradés permettaient à une foule d'ouvriers de se loger à moindre frais. Dès la fin des années 60, le petit quartier de la Mutualité avait été entièrement rasé au profit de résidences modernes. Mais l'expérience ne fut pas renouvelé. Le choix se fixa sur des rénovations avec des réussites plus (quartier St Laurent ) ou moins bonne (1ère rénovation du quartier Très-Cloitre)

 

La chute de la municipalité Dubedout a marqué la fin de la politique du tout social dans le logement. La municipalité suivante réorienta la politique de la ville vers plus de privé (quartier Reyniès-Bayard ; 2eme rénovation du quartier tres-cloitre)

 

 

 

La montée Chalemont: un exemple de rénovation . Fini l'époque du bidonville du début du XXème siècle.

La montée Chalemont: un exemple de rénovation . Fini l'époque du bidonville du début du XXème siècle.

La nouvelle poste sur le bld  Agutte sembat

La nouvelle poste sur le bld Agutte sembat

Le bâtiment de la caisse primaire d'assurance maladie (entre villeneuve et la maison de la culture) avec une architecture typique de l'époque

Le bâtiment de la caisse primaire d'assurance maladie (entre villeneuve et la maison de la culture) avec une architecture typique de l'époque

La maison du tourisme (centre ville)

La maison du tourisme (centre ville)

La nouvelle mairie livrée avant les JO de 1968. Conçu par l'architecte Novarina. Le parking a depuis été remplacé par des espaces verts

La nouvelle mairie livrée avant les JO de 1968. Conçu par l'architecte Novarina. Le parking a depuis été remplacé par des espaces verts

La nouvelle gare SNCF avec au 1er plan son stabile Calder à 3pics représentant les 3 massifs - Vercors, Belledonne et Chartreuse -

La nouvelle gare SNCF avec au 1er plan son stabile Calder à 3pics représentant les 3 massifs - Vercors, Belledonne et Chartreuse -

Quartier autour de la gare SNCF. 50 ans après,

Quartier autour de la gare SNCF. 50 ans après,

Le grand chantier de la Villeneuve

Le grand chantier de la Villeneuve

Et une vue après réalisation

Et une vue après réalisation

Le village olympique depuis l'avenue Esmonin en 1977. Une autoroute urbaine typîque de cette période qui desservait les quartiers sud

Le village olympique depuis l'avenue Esmonin en 1977. Une autoroute urbaine typîque de cette période qui desservait les quartiers sud

Quartier malherbe - construit en 1966 et à destination des médias lors des jeux olympiques

Quartier malherbe - construit en 1966 et à destination des médias lors des jeux olympiques

Début des années 70 - La fin de la traction vapeur pour le chemin de fer

Début des années 70 - La fin de la traction vapeur pour le chemin de fer

Le poma 2000 - piste d'essai entre la villeneuve et Alpexpo. Un projet avorté au profit du tramway

Le poma 2000 - piste d'essai entre la villeneuve et Alpexpo. Un projet avorté au profit du tramway

Les spaghetti à l'entrée de Grenoble  bld Jean Pain , berges de l'Isère vers le parc Paul Mistral. Aujourd'hui démantelés

Les spaghetti à l'entrée de Grenoble bld Jean Pain , berges de l'Isère vers le parc Paul Mistral. Aujourd'hui démantelés

le contexte économique


 

Cette décennie avait confirmé le tournant pris dans le années 60. Le capitalisme régional , porté par quelques grandes familles industrielles depuis la moitié du XIXème siècle s'effaça définitivement au profit de grands groupes nationaux ou internationaux et de centres de recherche publics ou para-publics. Des usines entières, textile, alimentaire et industrie lourde disparurent. L'exemple le plus frappant reste ,en 1971 la fermeture de l'entreprise Bouchayer-Viallet ( fabrique de conduites forcées pour barrage hydraulique), dans le quartier Berriat, symbole de la révolution industrielle. Cette société avait été le plus gros employeur de la ville en 1920.

 

D'autres , jadis acteurs locaux importants comme Neyrpic et Merlin Gerin furent absorbés par de grands groupes dont le centre décisionnel n'etait pas localisé à Grenoble.

La transition de l'emploi industriel au profit du tertiaire ne s'interrompit point. Les ouvriers furent remplacés par des classes moyennes qualifiées avec un nombre inhabituellement élevés de cadres et d'ingénieurs qui fournirent les principaux bataillons dans les nouveaux secteurs émergeant de l'informatique , de l'électronique et de la recherche et formèrent le socle électoral de la municipalité Dubedout

Une petite usine dans le quartier de l'Abbaye - la fin d'un modèle entrepreurial local

Une petite usine dans le quartier de l'Abbaye - la fin d'un modèle entrepreurial local

Le pouvoir culturel

 

Selon Gramcsi, l'un des meilleurs théoriciens communistes du XXème siècle,la victoire politique est toujours conditionnée par la prise du pouvoir culturel. L'équipe d 'Hubert Dubedout appliqua ce principe à la lettre. D'une situation où seuls surnageaient le 7ème art et une culture « bourgeoise » beaux-arts belles lettres, il impulsa à une dynamique d'action culturelle en démultipliant le budget communal consacré à la culture.

 

Plutôt porté sur la culture classique notamment avec la transformation du couvent de st marie d'en haut en musée dauphinois et l'installation de l'auditorium Olivier Messiaen dans le couvent des Minimes, Hubert Dubedout n'hésita cependant pas à confier les rênes de la création artistique à son équipe pour promouvoir des réalisations plus contemporaines et « populaires » mais en réalité destinées aux nouvelles classes sociales intellectuelles ayant investi la ville. C'est ainsi que l'on retrouva comme vaisseau amiral la maison de la culture de l'architecte André Wogensky, inauguré par André Malraux , avec tout un réseau de bibliothèques publiques dans les quartiers , un centre national d'art comtemporain , de nombreuses troupes de théatre, de danse, de musique et d'expression culturelle en partie issue de ce que l'on appelle aujourd'hui la « diversité »

Ancien bâtiment industriel rue Ampère dans le quartier berriat transformé en squat officiel à vocation culturelle

Ancien bâtiment industriel rue Ampère dans le quartier berriat transformé en squat officiel à vocation culturelle

Cinémas à Grenoble : l'age d'or des années 70

50 ans plus tard , il ne reste plus grand chose du cinoche de quartier. Seules ont survécu les salles d'art et d'essai (Le Club, La Nef, Le Mélies, Mon Ciné) Les autres ont été rzmplacé par les multiplexes comme le  Pathé Echirolles et le Pathé Grenoble.

Le cinéma Le Royal rue Clot Bey (centre ville) fermé en 2004 et remplacé par un petit ensemble immobilier

Le cinéma Le Royal rue Clot Bey (centre ville) fermé en 2004 et remplacé par un petit ensemble immobilier

Le cinéma Gaumont avenue Alsace Lorraine (centre ville) fermé dans les années 2000  et remplacé par un supermarché

Le cinéma Gaumont avenue Alsace Lorraine (centre ville) fermé dans les années 2000 et remplacé par un supermarché

Cinéma Le Club (centre ville) a survécu à la purge grâce à son statut de salle d'art et d'essai

Cinéma Le Club (centre ville) a survécu à la purge grâce à son statut de salle d'art et d'essai

Cinéma Le Vog à Fontaine fermé dans les années 80 et rasé . Remplacé par une salle d'exposition appelée Le Vog en souvenir du cinéma

Cinéma Le Vog à Fontaine fermé dans les années 80 et rasé . Remplacé par une salle d'exposition appelée Le Vog en souvenir du cinéma

Cinéma municipal d'art et d'essai Mon ciné à St Martin d'hères. Il existe toujours mais a déménagé dans un autre bâtiment

Cinéma municipal d'art et d'essai Mon ciné à St Martin d'hères. Il existe toujours mais a déménagé dans un autre bâtiment

La piétonnisation du centre ville 

Cette décisionnde transformer une partie du centre ville en zone piétonne date du début des années 70

Rue Felix Poulat avant la piétonnisation et le tramway

Rue Felix Poulat avant la piétonnisation et le tramway

Grande rue dans le centre historique

Grande rue dans le centre historique

Place Grenette après la suppression du parking pour voitures

Place Grenette après la suppression du parking pour voitures

mais les voitures pouvaient toujours traverser la place. En 2020 , cette possibilité n'existe plus , la place est entièrement piétonne.

mais les voitures pouvaient toujours traverser la place. En 2020 , cette possibilité n'existe plus , la place est entièrement piétonne.

La place sainte Claire avant la piétonnisation et l'installation de la ligne de tramway B

La place sainte Claire avant la piétonnisation et l'installation de la ligne de tramway B

Place notre dame avant piéonnisation et arrivée du tramway

Place notre dame avant piéonnisation et arrivée du tramway

Place du tribunal avec l'église St André. Le parking à voiture a disparu

Place du tribunal avec l'église St André. Le parking à voiture a disparu

Quelques vues sur Grenoble qui ne changent pas pendant la décennie 70

Le centre de Grenoble en dehors des 3 tours et du bâtiment en S en arrière plan et de la gare SNCF au 1er plan reste globalement le même

Le centre de Grenoble en dehors des 3 tours et du bâtiment en S en arrière plan et de la gare SNCF au 1er plan reste globalement le même

Le bar de la pref à coté de la préfecture . Un rade de quartier comme ils en existaient plusieurs centaines dans l'agglomération. Beaucoup ont fini par disparaitre mais celui-ci éxiste toujours en 2020 mais sous un autre nom

Le bar de la pref à coté de la préfecture . Un rade de quartier comme ils en existaient plusieurs centaines dans l'agglomération. Beaucoup ont fini par disparaitre mais celui-ci éxiste toujours en 2020 mais sous un autre nom

Le  Chatelet :Une cité HLM populaire type dans le Sud est grenoblois. Construite à la va vite avec des matériaux de qualité médiocre.Rien à voir avec les moyens mis en oeuvre pour la Villeneuve. Elle ne fut rasée qu"entre 2015 et 2020

Le Chatelet :Une cité HLM populaire type dans le Sud est grenoblois. Construite à la va vite avec des matériaux de qualité médiocre.Rien à voir avec les moyens mis en oeuvre pour la Villeneuve. Elle ne fut rasée qu"entre 2015 et 2020

Avenue Félix vialet : un axe routier qui relie la gare SNCF à l'hypercentre. En 2020, l'un des derniers  existant pour l'automobile

Avenue Félix vialet : un axe routier qui relie la gare SNCF à l'hypercentre. En 2020, l'un des derniers existant pour l'automobile

Les grands boulevards qui séparent le Nord et les quartiers Sud de Grenoble. Anciens remparts sud de la ville érasés dans les années 30. Ils furent inaugurés en 1943 et se remplirent d'immeubles dans les années 50 et 60. Devenus une véritable autoroute urbaine, ce n'est qu'en 2006 qu'une ligne de tramway (la ligne C) changèrent leurs physionnomies

Les grands boulevards qui séparent le Nord et les quartiers Sud de Grenoble. Anciens remparts sud de la ville érasés dans les années 30. Ils furent inaugurés en 1943 et se remplirent d'immeubles dans les années 50 et 60. Devenus une véritable autoroute urbaine, ce n'est qu'en 2006 qu'une ligne de tramway (la ligne C) changèrent leurs physionnomies

Les grands boulevards: début de l'autopont construit lors des JO en 1967. Détruit en 2006 pour laisser place à la ligne de tramway

Les grands boulevards: début de l'autopont construit lors des JO en 1967. Détruit en 2006 pour laisser place à la ligne de tramway

Autre vue de l'autopont. Les immeubles autour des grands blv semblent démesurés. Cela fait un peu penser àl'affiche du film Métropolis de Fritz Lang (1927)

Autre vue de l'autopont. Les immeubles autour des grands blv semblent démesurés. Cela fait un peu penser àl'affiche du film Métropolis de Fritz Lang (1927)

Epilogue :Que reste-t-il aujourd’hui des « Années Dubedout » ?


 

Hubert Dubedout ne fut pas le François Hollande grenoblois et demeure un grand maire bâtisseur dans la lignée des Lesdiguières, Edouard Rey ou Paul Mistral .Un droit d'inventaire à posteriori et un recul des années permet aujourd'hui de nuancer certains aspects de sa politique.

 

Une politique de la ville audacieuse, certes, mais qui a négligée le centre pour se tourner vers une « Villeneuve », aujourd’hui devenue « quartier sensible » à l'instar de ceux d’autres métropoles, loin des espoirs de ses promoteurs de développer la mixité sociale. S'appuyant sur la création d’un premier syndicat intercommunal ( le SIEPARG qui est l'ancêtre de la métropole), il a lancé un schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU), mais qui s'est difficilement imposé dans le cadre plus vaste de l’agglomération. Malgré la création d’un Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération (SMTC), il a mis trop longtemps à promouvoir de nouveaux modes de transport collectif comme le tramway, dont il a lancé le projet mais qui profita surtout à la notoriété de son successeur. il est vrai aussi que le retour des modes de transport alternatif à l'automobile n'étaient pas encore une priorité dans les années 70.

 

La politique culturelle s’est avérée volontaire - « La culture,doit être le moteur de la société » - avec un louable souci d’animation socioculturelle,mais s'est limitée à la création locale, fondée sur l’existence de troupes de théâtre, de danse, d’expression corporelle, de musique installées à demeure, au détriment de l’ouverture sur les créations nationales et internationales .

 

L'ADN de la municipalité, issu en grand partie des GAM et du PSU des années 60 avait favorisé l 'émergence d'une forme « primitive » de démocratie participative. H Dubedout a cru trouver les bons interlocuteurs dans les associations, et spécialement dans les unions de quartier dont on connaît aujourd’hui les limites . Mais ce système possèdait ses faiblesses comme le démontre le fonctionnement de certaines assemblées de « citoyens » ou aujourd’hui prédominent élus, membres de divers cabinets et fonctionnaires municipaux.

 

In fine les « Années Dubedout » pendant la décennie 70, ont correspondu à un certain Âge d’or du socialisme municipal d’avant 1981 dont se réclame aujourd'hui, à tort ou à raison l'équipe actuelle , issiue de l'extrème gauche « écologique » de ce début du XXIème siècle.

L'ancienne place de la Bastille devenue place Hubert Dubedout

L'ancienne place de la Bastille devenue place Hubert Dubedout

Le pont de l'esplanade sur l'Isère qui dessert la place Hubert Dubedout

Le pont de l'esplanade sur l'Isère qui dessert la place Hubert Dubedout

La même en noir et blanc

La même en noir et blanc

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