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GRENOBLE - la ville et sa région Plans, photos et images

Grenoble - place forte militaire

jean martin
Défilé militaire sur la place Lakanal (aujourd'hui Championnet)  - début du XXème siécle (Source Pagella)

Défilé militaire sur la place Lakanal (aujourd'hui Championnet) - début du XXème siécle (Source Pagella)

Les bonnes fées se sont penchées sur Grenoble pour élever la ville au rang de place forte militaire. 2 fleuves (L’Isère et le Drac) qui la traversent et 3 massifs montagneux qui la contraignent donnent un accès difficile à cette cuvette grenobloise qui est le carrefour stratégique de 3 vallées alpines (Bas Grésivaudan, Haut Grésivaudan et vallée du Drac) et le lieu idéal pour créer des défenses militaires.

 

De l’élévation de Gratianopolis au rang de cité à l’époque romaine jusqu’au début des années 40, des remparts ont enserré la ville pour en assurer sa défense. Mais c’est au début du XIXème siècle jusqu’à La 1ere guerre mondiale que le caractère militarisé de la ville s’est affirmé.

 

La proximité de la frontière avant 1860 avec le Royaume de Piémont-Sardaigne qui est à 45 km de Grenoble, puissance devenue hostile suite aux tentatives par la France d’annexer la province francophone de Savoie puis le louvoiement politique de l’Italie entre la France et l’Allemagne avant 1914 entrainent le renforcement militaire de Grenoble par la création de 6 forts (Murier, St Eynard, Comboire …) entourant la cuvette grenobloise pour parer à toute attaque italienne. Les remparts grenoblois avaient montré leur limite lors de l’occupation austro-sarde de 1814.

 

La montée en puissance de l’armée se traduit en 1900 par la présence de 10 000 hommes (15% de la population grenobloise avec les familles), alimentée par le service militaire créé par la IIIème république et la création des troupes alpines en 1888. Pour loger et entrainer tout ce petit monde, 8 casernes et leurs « annexes » (Le haras des chevaux à l’emplacement de l’actuelle gendarmerie avenue Léon Blum, le PC de division alpine place de Verdun), les terrains d’entrainement (polygone du génie sur l’emplacement du parc Paul Mistral, polygone d’artillerie sur une partie de l’actuel CEA) occupent près de 250 Hectares (sur les 1800 que comptent la commune) auxquels il faut ajouter toutes les zones de servitudes qui gèlent des surfaces importantes à l’extérieur des remparts (50 mètres de largeur de murailles+ 250 mètres non constructibles + 250 mètres avec constructions en dur interdites).

 

La présence de nombreux militaires dont beaucoup d’officiers sont de tendance cléricale n’est pas exempte de friction dans une ville à majorité ouvrière et dont les édiles ont le cœur qui penchent à gauche (républicains puis radicaux). La cohabitation reste polie mais méfiante. Peu de prises de positions politiques émergent de la part des autorités militaires malgré les discours antimilitaristes des premiers députés socialistes élus au début du XXème siècle. Mais face à la montée des nationalismes du début du XXème siècle, un consensus populaire couvrant tout le spectre politique s’instaure autour de présence militaire dans la ville et l’entrée en guerre contre l’Allemagne en 1914.

 

Dès 1860, date à laquelle la frontière a reculé vers l’Est de 100 kilomètres, industriels et élus locaux luttent pour récupérer des espaces à urbaniser. Après la 1ere guerre mondiale, la ville cesse d’être seulement un lieu de garnison. En 1920, le nombre de soldats tombent à 5000 hommes. Petit à petit, sur une durée de près de 80 ans, l’armée lâche et vend son patrimoine grenoblois. La pression immobilière, lié au développement industriel de la ville pousse les édiles comme Paul Mistral, maire socialiste de Grenoble entre 1919 et 1932, à s’affranchir du pouvoir de l’armée sur l’espace urbain.

 

Les derniers remparts et les servitudes qui y étaient liées et qui entravaient le développement urbain sont définitivement rasés entre 1925 et 1943. L’ancien polygone du génie est transformé en parc des expositions pour l’exposition internationale de 1925 avant de devenir le parc Paul Mistral. Les terrains du polygone d’artillerie sont récupérés par le CEA. Les casernes Hoche, Bizanet, de Bonne et Bayard sont transformées en quartier d’habitation. Le musée de peinture est construit sur les terrains de l’ancienne caserne Vinoy. La caserne Dode devient une cité administrative. La manutention est rasée au profit de la création du parking automobile Philippeville. Le haras des chevaux de l’avenue Léon Blum est remplacé par la caserne de gendarmerie. Tous les forts entourant Grenoble sont déclassés et revendus à des collectivités locales.

 

En 2020, la présence militaire est résiduelle à Grenoble. En dehors du PC de division présent sur la place de Verdun, la 27eme division alpine a migré dans une caserne moderne à Varces à 10 km au sud De Grenoble. Seule, la petite caserne de l’Alma a été conservée.

Forts et remparts à Grenoble

Forts et remparts à Grenoble

Les Forts

Fort Rabot

Fort Rabot

Fort de Comboire

Fort de Comboire

Fort des 4 seigneurs

Fort des 4 seigneurs

Fort de Montavie

Fort de Montavie

Fort du Murier

Fort du Murier

Fort du Bourcet ( à l'arrière plan le massif de la Chartreuse)

Fort du Bourcet ( à l'arrière plan le massif de la Chartreuse)

Fort St Eynard

Fort St Eynard

Les remparts

Anciens remparts blv Jean Pain (Source Pagella)

Anciens remparts blv Jean Pain (Source Pagella)

rempart avec douves

rempart avec douves

Remparts et rue Thiers ( avant destruction entre 1875 et 1880 - Source Pagella)

Remparts et rue Thiers ( avant destruction entre 1875 et 1880 - Source Pagella)

Ancienne porte de Bonne

Ancienne porte de Bonne

Portes des Alpes ( source Pagella)

Portes des Alpes ( source Pagella)

Porte des Adieux (Source Pagella)

Porte des Adieux (Source Pagella)

Porte trés-cloitres (Source Pagella)

Porte trés-cloitres (Source Pagella)

Porte Randon avec les anciens remparts ( enceinte HAXO) séparant La vieille ville de la gare en cours de démolition. A l'arrière la Bastille avec le fort Rabot

Porte Randon avec les anciens remparts ( enceinte HAXO) séparant La vieille ville de la gare en cours de démolition. A l'arrière la Bastille avec le fort Rabot

Porte de l'Ile verte (source Pagella)

Porte de l'Ile verte (source Pagella)

Porte de la Tronche

Porte de la Tronche

Port Saint-Laurent

Port Saint-Laurent

Les casernes

Les casernes dans la ville (Plan de Grenoble de 1944). Il manque la 8ème caserne 'Caserne Reyniès-Bayard) qui est plus au Sud  dans la ville

Les casernes dans la ville (Plan de Grenoble de 1944). Il manque la 8ème caserne 'Caserne Reyniès-Bayard) qui est plus au Sud dans la ville

Caserne de Bonne

Caserne de Bonne

Caserne HOCHE

Caserne HOCHE

Caserne HOCHE

Caserne HOCHE

Militaires entre caserne Vinoy et caserne Bizanet (Source Pagella)

Militaires entre caserne Vinoy et caserne Bizanet (Source Pagella)

Caserne Vinoy

Caserne Vinoy

Caserne Dode

Caserne Dode

Caserne Bayard

Caserne Bayard

Autres bâtiments et lieux militaires

Ancienne école d'artillerie place de la constitution ( aujourd'hui Place de Verdun - Source Pagella))

Ancienne école d'artillerie place de la constitution ( aujourd'hui Place de Verdun - Source Pagella))

PC de division place de la constitution ( aujourd'hui Place de Verdun - Source Pagella))

PC de division place de la constitution ( aujourd'hui Place de Verdun - Source Pagella))

Ancienne manutention ( rasée - aujourd'hui Parc Philippeville - Source Pagella)

Ancienne manutention ( rasée - aujourd'hui Parc Philippeville - Source Pagella)

Nouvelle  manutention ( quai de l'Isère -quartier St Laurent - Source Pagella)

Nouvelle manutention ( quai de l'Isère -quartier St Laurent - Source Pagella)

Esplanade - utilisée pour cérémonie militaire

Esplanade - utilisée pour cérémonie militaire

Ancien batiment de l'école des pupilles de l'air ( grands Boulevards) . Elle a depuis déménagée à Montbonnot à10 Km de là dans la vallée du haut - Grésivaudan

Ancien batiment de l'école des pupilles de l'air ( grands Boulevards) . Elle a depuis déménagée à Montbonnot à10 Km de là dans la vallée du haut - Grésivaudan

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